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T.V Glory a opté pour une formation classique : guitares (2), basse, batterie. Formation resserrée, droit à l'essentiel, couplet-refrain-couplet, ou même refrain-refrain-refrain, comme un rêve pop assumé de bout en bout par une glory team décomplexée…
Avant-centre ?
Tony Verloc, transfuge en provenance du nord de l'Angleterre. Liverpool, Leeds et Manchester ne sont pas très loin de son Hull d'enfance. D'où un jeu axé sur la mélodie, biberonné évidemment au savoir-faire britannique, mais aussi aux Beach Boys comme aux Talking Heads. Et à l'instar d'un Ray Davies ou d'un Mark E. Smith, les mots trahissent un sens aigu de l'observation, commentateur acéré du petit théâtre du quotidien. In English, please. Et la voix ne dédaigne pas d'aller jusqu'au falsetto soul si nécessaire.
Milieu de terrain :
B. Laurenzo Shylock, guitariste chevelu et barbu, lui aussi volontiers bercé par des rengaines californiennes (Brian Wilson is god) mais qui n'oublie pas ses origines de skater (punk-rock ?). Si la défense adverse se fait taquine, il ne dédaigne pas user de la manière (presque) forte. Des regains d'énergie, mais sans égratigner le jeu précieux de l’avant-centre Verloc. Le tout en Rickenbacker mais aussi en chemise de bûcherons, Creedence oblige.
Arrière centre et parfois ailier gauche, en provenance directe d'une lignée mélangeant du sang Belge et Italien, Olivier 'Lucky' Der Brugge est un transfuge de la scène electro-hype actuelle. Il accepta sa nouvelle mission chez les Glory avec brio, en apportant sa science illicite au clavier et sa précision à la basse Fender. En plus de cela il est beau et intelligent. Davantage beau qu'intelligent, d'ailleurs...
Enfin, dans les cages, Tom 'the fox' Devos, gardien du rythme, plutôt axé sur la finesse et la simplicité mais qui, en vrai tête brûlée ne dédaigne pas remonter le terrain pour s'aventurer aux micros. Doué pour la mélodie, attentif à respecter ses collègues : l'exact inverse des bûcherons souvent placés là par défaut ! Revendique une étonnante filiation avec Frank Rijkaard, le néerlandais passé chez le FC Barcelone. Du coup, l'axe Espagne - Flandres : Cuñat – Devos s'avère la rythmique parfaite.
En jeu depuis fin 2002, accueilli à Lille (malgré l'absence de stade…) TV Glory vise la première division et s'affirme de plus en plus comme l'outsider pop de l'écurie locale. Et entraîné par l'Englishman Verloc, l'équipe s'aventure aussi sur le terrain anglais, mère nourricière. Un surcroît d'âme.
George Best, eat your heart out ! Laurent Tricart
« One two three four, guitare, chant, basse, batterie. Le compte y est. T.V. Glory est bien un groupe de rock. De rock ? Ce n'est pas si simple, quel est ce subtil décalage que l'on ressent lors d'un concert des quatre de Lille ? Est-ce du rock régressif, de la pop arrière-gardiste ou du bon vieux country groove... ? Dans quel bac faut-il les ranger ? Le groupe a la chance de posséder un spécimen de plus en plus rare : un véritable songwriter, et T.V. Glory ne joue pas des morceaux, mais met en scène des chansons, comme autant d'histoires. Celle de l'homme qui mate sa femme dans la salle de bain (Bathroom Festivities), celle d'un flirt entre frites dans un fast-food (Winsome Blonde), ou celle de cette vieille discothèque où tant d'enfants ont été conçus, le samedi soir (King Club). Tantôt en finesse, tantôt en puissance - les musiciens participent dans la narration : la guitare solo plante le décor, la batterie décrit l'ambiance, la basse se fait sensuelle ou ironique. Prenons l'exemple de Squeeze Out : une longue litanie entrecoupée de crise de rage, ou encore Spider qui commence comme une ballade à deux guitares, pour se terminer en hymne rock après l'entrée en lice de la section basse/batterie. Classer T.V. Glory dans le tiroir du 39e ""retour du rock "", serait tentant. Le qualifier de groupe pop indé pourrait satisfaire également. "" Anti-folk sous amphétamines "" pourrait faire un beau sticker dans les magasins de disques. Pour moi, les choeurs travaillés à trois ou quatre voix donnent un indice : T.V. Glory, c'est la musique qu'auraient jouée les Beach Boys s'ils avaient démarré sous le ciel plombé du Nord, s'ils avaient surfé de bar en bar, s'ils avaient dû fréquenter des filles plus compliquées que les starlettes de Sunset Boulevard. T.V. Glory, c'est David Byrne qui aurait rencontré les trois Stones. Ou Léonard Cohen qui se serait coincé les doigts dans la prise. T.V. Glory, c'est un moutard en quête de verité, fruit d’une orgie torride et arrosée entre Neil Young, David Bowie, Syd Barrett, Jonathan Richman et quelques groupies. Non ! c'est un groupe de rock "" normal "", qui serait plongé dans un épisode de Twin Peaks. Enfin, je ne sais plus... T.V. Glory, il faut écouter, et aller les voir en concert. ... Il y avait une histoire, à Hollywood autrefois "" j'ai marché sur une araignée, ou alors, c'était peut-être Lon Chaney. "" » Adapté d'un texte de : Jean-François G, Journaliste.
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merci