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Lundi 25 janvier 2010 par admin  
classé dans Chroniques

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Commentaires fermés

(Olivier Vadrot, membre de la Team ZicMeUp, nous propose sa chronique hebdomadaire. Vous pouvez le retrouver sur son site www.oliviervadrot.com)

Tout va très bien madame la marquise ! !

Ou

Comment se persuader que le marché musical est bien portant

Chers amis,

Comme beaucoup d’entre vous, je suis allé cette semaine au cinéma, découvrir le biopic de Joann Sfar consacré à Serge Gainsbourg. Je n’entrerai pas dans l’analyse du film, ni même n’en présenterai une critique. Je dirai juste que j’ai passé un bon moment, voilà tout.

Toutefois, une chose a attiré mon attention et m’a largement intrigué : Quelle était le niveau de vente des albums de Gainsbourg ? Je veux dire de ces propres disques et non ceux qu’il écrivait pour d’autres chanteurs. Deux chiffres me semblent significatifs. Au cœur des années 70, alors que l’industrie musicale ne connaissait pas la crise, Il sort en 1976 « L’homme à tête de chou », puis en 1979 « Aux armes etc… ». Du premier il en vendra, à l’époque, 13 000 et du second plus d’un million. Heureusement, le temps a fait son œuvre et les chiffres sont très nettement remontés pour cette pièce majeure dans le parcours de ce créateur génial.

Aujourd’hui alors que nous touchons presque le fond en terme de chiffres de vente, il y a des gens, ceux qui font partie des milieux autorisés, qui affirment que tout ne va pas si mal que ça et que la situation est quasiment sous contrôle. J’ai lu un article, sur le nouvelobs.com, qui reprenait les propos de David El Sayegh, le patron du SNEP : « Les chiffres de l’industrie musicale en 2009 sont très bons ».

Je me suis donc précipité sur le site du syndicat des éditeurs phonographiques et j’ai consulté le document accessible en ligne. Sur les 9 premiers mois de 2009, le recul en terme de vente, « n’est que de – 9,3 % » (- 11,4 % CD, + 3,5% digital). En l’espace de 4 ans, le volume, en millions d’euros, est passé de 558 à 347, soit quasiment 40 % de perte de chiffre d’affaire. Si dans une telle situation on vous dit que tout va bien ou presque, il est tout de même permis de douter, les statistiques parlent d’elles-mêmes, non ?

Je me souviens d’une époque où, lorsque je me rendais dans mon supermarché, je passais régulièrement au rayon CD, voir les nouveautés, découvrir quelques titres sur les bornes d’écoute, dénicher une affaire. Les disques étaient disposés sur trois rayons entiers. Aujourd’hui, l’espace réservé à la musique enregistrée, a fondu comme neige au soleil et ne représente plus qu’un demi rayon. Autant dire que si vous voulez le dernier titre entendu sur NRJ, Fun ou vu sur M6 et MTV, vous le trouverez sans aucun doute. En revanche les produits distribués par de petits indépendants…

D’ailleurs une responsable des achats de CD d’un magasin Cultura me l’a dit clairement : « On ne travaille quasiment plus avec les indépendants. Seules les distributions des majors sont bien représentées. »

Alors, vous allez me demander pourquoi cet étalage de chiffres et ce constat aujourd’hui ? A un moment, lorsque votre CD sera prêt, il vous faudra vous allier à un distributeur, pour que le public puisse trouver le disque en magasin. Si vous liez les deux informations que je vous donne : Chute massive des ventes + absence de petits distributeurs dans les enseignes de ventes, vous aurez de grosses difficultés à mettre en avant votre travail.

Bien entendu la plupart des distributeurs vous diront qu’ils sont présents partout. Il est vrai que votre disque pourra se trouver dans un bac à la FNAC ou chez Virgin, mais en dehors de ces quelques points précis… De plus, vous pouvez être présents dans ces magasins, mais ce n’est pas pour cela que vous serez certain de vendre. Pourquoi ? Tout simplement parce que les meilleures places : en façade, en borne d’écoute, en présentoir sont réservées, comme d’habitude, aux gros distributeurs…

Si par hasard, vous êtes signés chez un petit distributeur et que vous obtenez une notoriété foudroyante (ce que je vous souhaite sincèrement), alors là oui, vous prendrez votre place parmi les machines de guerre, tout simplement parce que vous rapporterez beaucoup d’argent.

Le mètre carré en magasin a une valeur et celle-ci se rentabilise en vendant ce qui marche. Fini le temps où le chef de rayon pouvait mettre en avant ce qui lui plaisait et en faisait profiter ses clients. Diam’s, Pagny, De Palmas passent à la télé, alors on en vend. Les têtes raides, Leprest, Guidoni en sont absents, alors impossible ou très difficile de les acheter.

Le point noir de cette histoire est que pour l’instant personne ne trouve ou ne propose de solution alternative, pour que les artistes puissent de nouveau vivre de la vente de leur travail. Ce n’est pas la maigre progression de la vente digitale qui peut laisser de l’espoir à la jeunesse. Hadopi ne changera rien. Pour ceux qui vendaient beaucoup auparavant peut-être, mais pour les petits ? Alors, la licence globale ? Qui sait…

Olivier

www.oliviervadrot.com