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Lundi 14 juin 2010 par admin  
classé dans Chroniques

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L’addition s’il vous plaît ! !

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21 juin dé-fête de la musique

Chers amis,

J’ai eu le grand plaisir d’assister, dimanche dernier, à la finale nationale du concours organisé par Zicmeup. Le niveau était très haut. 12 des 32 finalistes ont été récompensés. Les 20 partis bredouilles peuvent toutefois être fiers de leur prestation. Quand tout est bon, le résultat définitif se joue à quelques dixièmes près. La différence entre le premier et le dernier est infime. Le monde artistique est aléatoire. Sans vouloir être biblique, on peut aisément dire que peut-être un jour, les derniers seront les premiers. Perdre est difficile à encaisser mais absolument pas rédhibitoire. Comme l’a si bien dit Lâam, marraine de cette édition « Moi, je n’ai jamais rien gagné ». On peut tout de même dire que la demoiselle a fait jusqu’à présent un beau parcours, sans médaille, ni couronne.

Ceci m’amène à vous parler de cette fameuse « Fête de la musique » qui pointe comme chaque année, le bout de son nez. En l’espace de quelques jours, j’ai été contacté plusieurs fois par des organisateurs de plateaux pour l’événement nationale festif cité plus haut. De charmantes personnes, ayant obtenu mes coordonnées par l’intermédiaire de lieux dans lesquels j’avais organisé des show case pour les artistes avec qui je travaille, me firent des propositions de programmation.

Le patron d’un grand centre de loisirs en banlieue me dit qu’il souhaitait organiser des événements musicaux dans son établissement, afin de dynamiser son lieu désespérément vide. Bonne idée, lui dis-je. Quels sont vos moyens ? Je n’en ai aucun, eut-il l’outrecuidance de me répondre. Je fus quelque peu interloqué. « Vous ne pouvez pas mettre un centime sur la table et vous me demandez de faire venir des artistes professionnels, gracieusement, pour pouvoir remplir vos poches ! ! » Voilà quel était son raisonnement : « Vos artistes sont venus chez Cultura faire un show case sans cachet, aussi je pensais que l’on pourrait faire de même ici, avec une rémunération sur les ventes de CD ». Il me fallut lui expliquer qu’un show case dans un point de vente de disques, en période de promotion d’un album qui sort, fait partie de l’arsenal dont nous disposons afin de donner de la visibilité aux groupes. Puis vint le moment où je dus détailler ce qui revenait dans la poche de chacun après une vente en magasin. Gosso modo 33 % pour le producteur, 33 % pour le distributeur et 33 % pour le magasin. Divisez 15 € par 3 et voyez ce qu’il reste.

Ha ! oui, mais quand on fait un concert et que l’on vend « au cul du camion » tout va dans la poche du groupe. Il est vrai, mais combien de disques faut-il vendre pour gagner sa vie ? Si au cours d’une soirée, vous vendez 10 CD et empochez 150 €, partagez le magot entre les membres du groupe. Si vous êtes heureux de rentrer chez vous avec 30 ou 40 euro en poche, alors, il vous faudra faire 30 concerts par mois pour pouvoir vivre décemment.

Je comprends très bien que l’on puisse être content d’avoir de l’argent de poche, mais dans ce cas-là, on ne fait pas partie du monde professionnel. On reste un amateur. C qui n’est pas du tut blâmable.

Votre travail acharné mérite un vrai salaire. Aussi réfléchissez bien avant d’accepter de jouer pour rien. N’hésitez pas à négocier des contreparties. Une année, je suis allé en Corse, avec une chanteuse, pour la fête de la musique. Lorsqu’un voyage comme celui-ci est pris en charge à 100 % par l’organisateur, la donne n’est pas la même. Cela n’a rien à voir avec un plateau organisé par la médiathèque d’une obscure municipalité de Picardie, qui ne vous propose qu’un sandwich et une bière pas fraîche pour vous remercier d’être venu.

Plus les années passent et plus je pense que ce 21 juin est une « dé-fête » de la musique. Qui y gagne vraiment ? Comme bien souvent, ce sont les bistrotiers et les vendeurs de merguez.

Je m’étonnais par le passé de la réflexion d’un ami musicien qui me disait que du piano il en jouait tous les jours, alors ne pas y toucher ce jour-là lui faisait des vacances. Aujourd’hui, je comprends mieux.

Toutes ces demandes reçues ces derniers jours me laissent vraiment penser que dans notre pays l’activité musicale n’est pas considérée à sa juste valeur. Pour pouvoir faire entendre mon discours, il me fallut dire au patron du complexe de loisirs, que le cuisinier de son restaurant et l’ouvreur du cinéma, malgré les difficultés financières de la structure, ne viennent pas travailler gratuitement. Ils reçoivent bien une paye à la fin du mois. Pourquoi en serait-il différent avec les artistes ?

Ne participez pas à la dévaluation de votre art. A force de jouer le jeu de ceux qui vous reçoivent, un jour, plus personne ne sera payer. L’industrie du disque est mal en point, il serait dommage qu’il en soit un jour de même pour le spectacle.

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com