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Lundi 13 septembre 2010 par admin  
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Un coup pour rien ! !

Ou

Comment dépenser son argent à bon escient

Chers amis,

La semaine qui vient de s’écouler a été comme prévue, bien chargée et personne ne s’en plaindra. Parmi les nouveautés évoquées sur mon blog fin août, mais non encore révélées, je peux à présent vous donner un indice : Les articles que vous lisez régulièrement, vous pourrez bientôt les écouter ! Je finalise ce projet et vous en reparle très vite.

L’article de cette semaine m’a été inspiré à la suite d’une discussion avec un ami, producteur d’un jeune talent.

Juin 2010, le téléphone sonne. Je décroche. La voix de Samuel, reconnaissable entre mille grâce à son accent nimois, se fait entendre. Après avoir fait un rapide tour d’horizon de nos activités respectives, il me dit : « Ho, tu ne sais pas l’opportunité que j’ai ? Un de mes copains, responsable du marketing chez NRJ, me propose de diffuser un spot promo pour l’album de Fred tout le mois d’août, sur la région PACA. Qu’en penses-tu ? »

« Que bien ! », lui répondis-je. Il est vrai que la cote d’Azur en cette période de l’année est plutôt bien fréquentée. On peut légitimeme

Lundi 19 avril 2010 par admin  
classé dans Chroniques

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Ou

Comment les organismes collecteurs de fonds s’enrichissent sur le dos des artistes

Chers amis,

Avec l’arrivée du printemps et des beaux jours qui l’accompagnent, c’est également une belle fin de saison artistique qui se présente pour moi. Nouveau contrat, nouveaux concerts ! J’espère que pour vous aussi, le vent souffle dans le bon sens.

A propos de vent, je suis resté cloué au sol, non pas à cause des fumées venues d’Iceland, mais bel et bien par la faute d’un rapport, émanant d’une commission composée de membres de la cours des comptes, qui est chargée de vérifier les chiffres de nos organismes collecteurs de fonds, pour les auteurs compositeurs (SACEM ; SACD ; ADAMI…).

J’appris, comme vous sans doute, le faramineux montant des rémunérations des principaux dirigeants de ces structures. Pensez que les 10 plus gros salaires de la SACEM touchent en moyenne de 364.000 €/an ! !

Je n’ai pas pour habitude d’écrire des articles polémiques, vous le savez, si vous me lisez régulièrement. Mais parfois, il est bon de participer au bruit médiatique, pour dénoncer des situations difficilement acceptables.

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-04-10/revenus-comment-la-sacem-se-goinfre/1253/0/442942

Lorsque je découvre ces chiffres, me viennent à l’esprit deux situations caractéristiques de ce que vous avez sans doute, vous aussi, déjà vécu.

Un musicien américain avec lequel je travaille me demande, il y a quelques temps, de l’accompagner à la SACEM, car au cours des deux dernières années, il a joué de nombreuses fois en France, a participé à plusieurs émissions de radios, a été en playlist, multi diffusé sur des chaînes du câble… Pas une grosse vedette, certes, mais tout de même. A chacune de ses prestations il fallait remplir les différents documents relatifs à la SACEM, ses chansons étant écrites par une auteur française, il semblait tomber sous le sens que de les déposer dans son propre pays (ce qui d’ailleurs ne posa jamais de problème).

Lors de notre visite chez les collecteurs, documents officiels dans un beau dossier, on nous expliqua qu’on ne trouvait aucune trace des passages de cet artiste sur nos ondes et par conséquent aucun centime ne pourrait lui être versé. On nous conseilla de ne plus nous déplacer et de faire les démarches par téléphone. C’est ce que naïvement nous fîmes. Avez-vous déjà entendu un téléphone sonner dans le vide pendant des jours et des jours, sans jamais personne qui décroche ?

Le deuxième exemple me vient d’une amie qui tient un café restaurant dans Paris. Dès son ouverture, alors qu’aucun client n’avait franchi le pas de sa porte, elle avait déjà dû faire un chèque à la SACEM pour avoir le droit diffuser de la musique dans son établissement. Je précise de suite que je trouve cela tout à fait normal. La machine fonctionne bien d’un coté.

Les établissements collecteurs savent bien aller chercher l’argent là où il se trouve. En revanche, terriblement compliqué est le chemin qui mène l’artiste jusqu’au versement de son dû.

Qu’une entreprise gagne de l’argent, même beaucoup d’argent, ne me choque pas outre mesure, si elle se trouve sur un secteur concurrentiel fort et faisant courir de gros risques à ses investisseurs. Mais lorsqu’il s’agît de se baisser pour ramasser les cotisations, sans reverser équitablement à ceux à qui cet écot revient, me semble peu honnête.

Nous savons tous aujourd’hui que l’industrie musicale a fondu de 50 % en quelques années. Que les revenus des dirigeants de ces sociétés augmentent fait preuve d’un cynisme à nul autre pareil. Les auteurs compositeurs touchent de moins en moins et les patrons de plus en plus. Cela s’appelle un hiatus, non ? Malheureusement, nous n’entendons jamais personne se plaindre ouvertement dans les médias de cette situation.

Tant que vous ne serez pas diffusés, à de nombreuses reprises, sur les grands et gros réseaux nationaux (TF1, NRJ, M6, Fun…) n’espérez pas vivre de vos revenus SACEM. Tant que vous n’aurez pas une personne introduite dans la place, capable de vous aider à fouiller dans la paperasse institutionnelle, vous n’aurez que très peu de chance de récupérer un Kopek de vos diverses prestations.

Continuez tout de même de remplir tous les documents vous ouvrant des droits, car on ne sait jamais, un jour peut-être lorsque vous serez d’énormes vedettes, vous pourrez faire valoir ces papiers.

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

Lundi 25 janvier 2010 par admin  
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(Olivier Vadrot, membre de la Team ZicMeUp, nous propose sa chronique hebdomadaire. Vous pouvez le retrouver sur son site www.oliviervadrot.com)

Tout va très bien madame la marquise ! !

Ou

Comment se persuader que le marché musical est bien portant

Chers amis,

Comme beaucoup d’entre vous, je suis allé cette semaine au cinéma, découvrir le biopic de Joann Sfar consacré à Serge Gainsbourg. Je n’entrerai pas dans l’analyse du film, ni même n’en présenterai une critique. Je dirai juste que j’ai passé un bon moment, voilà tout.

Toutefois, une chose a attiré mon attention et m’a largement intrigué : Quelle était le niveau de vente des albums de Gainsbourg ? Je veux dire de ces propres disques et non ceux qu’il écrivait pour d’autres chanteurs. Deux chiffres me semblent significatifs. Au cœur des années 70, alors que l’industrie musicale ne connaissait pas la crise, Il sort en 1976 « L’homme à tête de chou », puis en 1979 « Aux armes etc… ». Du premier il en vendra, à l’époque, 13 000 et du second plus d’un million. Heureusement, le temps a fait son œuvre et les chiffres sont très nettement remontés pour cette pièce majeure dans le parcours de ce créateur génial.

Aujourd’hui alors que nous touchons presque le fond en terme de chiffres de vente, il y a des gens, ceux qui font partie des milieux autorisés, qui affirment que tout ne va pas si mal que ça et que la situation est quasiment sous contrôle. J’ai lu un article, sur le nouvelobs.com, qui reprenait les propos de David El Sayegh, le patron du SNEP : « Les chiffres de l’industrie musicale en 2009 sont très bons ».

Je me suis donc précipité sur le site du syndicat des éditeurs phonographiques et j’ai consulté le document accessible en ligne. Sur les 9 premiers mois de 2009, le recul en terme de vente, « n’est que de – 9,3 % » (- 11,4 % CD, + 3,5% digital). En l’espace de 4 ans, le volume, en millions d’euros, est passé de 558 à 347, soit quasiment 40 % de perte de chiffre d’affaire. Si dans une telle situation on vous dit que tout va bien ou presque, il est tout de même permis de douter, les statistiques parlent d’elles-mêmes, non ?

Je me souviens d’une époque où, lorsque je me rendais dans mon supermarché, je passais régulièrement au rayon CD, voir les nouveautés, découvrir quelques titres sur les bornes d’écoute, dénicher une affaire. Les disques étaient disposés sur trois rayons entiers. Aujourd’hui, l’espace réservé à la musique enregistrée, a fondu comme neige au soleil et ne représente plus qu’un demi rayon. Autant dire que si vous voulez le dernier titre entendu sur NRJ, Fun ou vu sur M6 et MTV, vous le trouverez sans aucun doute. En revanche les produits distribués par de petits indépendants…

D’ailleurs une responsable des achats de CD d’un magasin Cultura me l’a dit clairement : « On ne travaille quasiment plus avec les indépendants. Seules les distributions des majors sont bien représentées. »

Alors, vous allez me demander pourquoi cet étalage de chiffres et ce constat aujourd’hui ? A un moment, lorsque votre CD sera prêt, il vous faudra vous allier à un distributeur, pour que le public puisse trouver le disque en magasin. Si vous liez les deux informations que je vous donne : Chute massive des ventes + absence de petits distributeurs dans les enseignes de ventes, vous aurez de grosses difficultés à mettre en avant votre travail.

Bien entendu la plupart des distributeurs vous diront qu’ils sont présents partout. Il est vrai que votre disque pourra se trouver dans un bac à la FNAC ou chez Virgin, mais en dehors de ces quelques points précis… De plus, vous pouvez être présents dans ces magasins, mais ce n’est pas pour cela que vous serez certain de vendre. Pourquoi ? Tout simplement parce que les meilleures places : en façade, en borne d’écoute, en présentoir sont réservées, comme d’habitude, aux gros distributeurs…

Si par hasard, vous êtes signés chez un petit distributeur et que vous obtenez une notoriété foudroyante (ce que je vous souhaite sincèrement), alors là oui, vous prendrez votre place parmi les machines de guerre, tout simplement parce que vous rapporterez beaucoup d’argent.

Le mètre carré en magasin a une valeur et celle-ci se rentabilise en vendant ce qui marche. Fini le temps où le chef de rayon pouvait mettre en avant ce qui lui plaisait et en faisait profiter ses clients. Diam’s, Pagny, De Palmas passent à la télé, alors on en vend. Les têtes raides, Leprest, Guidoni en sont absents, alors impossible ou très difficile de les acheter.

Le point noir de cette histoire est que pour l’instant personne ne trouve ou ne propose de solution alternative, pour que les artistes puissent de nouveau vivre de la vente de leur travail. Ce n’est pas la maigre progression de la vente digitale qui peut laisser de l’espoir à la jeunesse. Hadopi ne changera rien. Pour ceux qui vendaient beaucoup auparavant peut-être, mais pour les petits ? Alors, la licence globale ? Qui sait…

Olivier

www.oliviervadrot.com