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Lundi 19 avril 2010 par admin  
classé dans Chroniques

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Comment les organismes collecteurs de fonds s’enrichissent sur le dos des artistes

Chers amis,

Avec l’arrivée du printemps et des beaux jours qui l’accompagnent, c’est également une belle fin de saison artistique qui se présente pour moi. Nouveau contrat, nouveaux concerts ! J’espère que pour vous aussi, le vent souffle dans le bon sens.

A propos de vent, je suis resté cloué au sol, non pas à cause des fumées venues d’Iceland, mais bel et bien par la faute d’un rapport, émanant d’une commission composée de membres de la cours des comptes, qui est chargée de vérifier les chiffres de nos organismes collecteurs de fonds, pour les auteurs compositeurs (SACEM ; SACD ; ADAMI…).

J’appris, comme vous sans doute, le faramineux montant des rémunérations des principaux dirigeants de ces structures. Pensez que les 10 plus gros salaires de la SACEM touchent en moyenne de 364.000 €/an ! !

Je n’ai pas pour habitude d’écrire des articles polémiques, vous le savez, si vous me lisez régulièrement. Mais parfois, il est bon de participer au bruit médiatique, pour dénoncer des situations difficilement acceptables.

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-04-10/revenus-comment-la-sacem-se-goinfre/1253/0/442942

Lorsque je découvre ces chiffres, me viennent à l’esprit deux situations caractéristiques de ce que vous avez sans doute, vous aussi, déjà vécu.

Un musicien américain avec lequel je travaille me demande, il y a quelques temps, de l’accompagner à la SACEM, car au cours des deux dernières années, il a joué de nombreuses fois en France, a participé à plusieurs émissions de radios, a été en playlist, multi diffusé sur des chaînes du câble… Pas une grosse vedette, certes, mais tout de même. A chacune de ses prestations il fallait remplir les différents documents relatifs à la SACEM, ses chansons étant écrites par une auteur française, il semblait tomber sous le sens que de les déposer dans son propre pays (ce qui d’ailleurs ne posa jamais de problème).

Lors de notre visite chez les collecteurs, documents officiels dans un beau dossier, on nous expliqua qu’on ne trouvait aucune trace des passages de cet artiste sur nos ondes et par conséquent aucun centime ne pourrait lui être versé. On nous conseilla de ne plus nous déplacer et de faire les démarches par téléphone. C’est ce que naïvement nous fîmes. Avez-vous déjà entendu un téléphone sonner dans le vide pendant des jours et des jours, sans jamais personne qui décroche ?

Le deuxième exemple me vient d’une amie qui tient un café restaurant dans Paris. Dès son ouverture, alors qu’aucun client n’avait franchi le pas de sa porte, elle avait déjà dû faire un chèque à la SACEM pour avoir le droit diffuser de la musique dans son établissement. Je précise de suite que je trouve cela tout à fait normal. La machine fonctionne bien d’un coté.

Les établissements collecteurs savent bien aller chercher l’argent là où il se trouve. En revanche, terriblement compliqué est le chemin qui mène l’artiste jusqu’au versement de son dû.

Qu’une entreprise gagne de l’argent, même beaucoup d’argent, ne me choque pas outre mesure, si elle se trouve sur un secteur concurrentiel fort et faisant courir de gros risques à ses investisseurs. Mais lorsqu’il s’agît de se baisser pour ramasser les cotisations, sans reverser équitablement à ceux à qui cet écot revient, me semble peu honnête.

Nous savons tous aujourd’hui que l’industrie musicale a fondu de 50 % en quelques années. Que les revenus des dirigeants de ces sociétés augmentent fait preuve d’un cynisme à nul autre pareil. Les auteurs compositeurs touchent de moins en moins et les patrons de plus en plus. Cela s’appelle un hiatus, non ? Malheureusement, nous n’entendons jamais personne se plaindre ouvertement dans les médias de cette situation.

Tant que vous ne serez pas diffusés, à de nombreuses reprises, sur les grands et gros réseaux nationaux (TF1, NRJ, M6, Fun…) n’espérez pas vivre de vos revenus SACEM. Tant que vous n’aurez pas une personne introduite dans la place, capable de vous aider à fouiller dans la paperasse institutionnelle, vous n’aurez que très peu de chance de récupérer un Kopek de vos diverses prestations.

Continuez tout de même de remplir tous les documents vous ouvrant des droits, car on ne sait jamais, un jour peut-être lorsque vous serez d’énormes vedettes, vous pourrez faire valoir ces papiers.

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com