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Lundi 8 mars 2010 par Olivier  
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Ou

Si vous voulez un trophée, signez dans une major

Chers amis,

Je viens de vivre une semaine extraordinaire. Je ne sais si cela vous est déjà arrivé, mais lorsque votre rêve devient réalité, vous ressentez un sentiment extrêmement fort de plaisir et de joie. Depuis mon plus jeune âge, je souhaitais travailler aux cotés d’artistes, de chanteurs, être dans les coulisses, sur des plateaux de télé, dans des studios de radio… Voilà donc ce qui a été mon quotidien ces derniers jours.

Quel que soit le but que vous souhaitiez atteindre, je ne peux que vous encourager à le poursuivre. A force d’acharnement et de volonté, parfois avec un peu de chance (mais ça, je n’y crois pas trop, car il me semble que celle-ci nous la créons nous-même. J’y reviendrai un autre jour), on finit par arriver là où l’on veut aller.

Je vous engage à ne pas attendre d’être parvenu au sommet pour fêter vos réussites. C’est en célébrant chaque étape franchie, que l’on crée l’énergie qui propulse sur le palier suivant. Tout comme l’écrivait Molière pour Dom Juan « Y voir chaque jour les petits progrès que l’on fait ».

Il se trouve donc que cette semaine, je suis parti sur la nouvelle tournée du spectacle « Âge tendre ». Je vous entends d’ici rire de ce rire narquois et moqueur. Je vous arrête de suite. Le show qui est donné est d’une très grande qualité et ne souffre d’aucune critique. Pour être tout à fait honnête (et il faut l’être), je ne cautionne pas tous les chanteurs de ce plateau, ayant des préférences artistiques, mais cela ne regarde que mon goût personnel et je ne me permettrai pas d’émettre quelques remarques en place publique, à travers cet article.

Une polémique est née il y a quelques jours, car comme le savez et l’avez certainement suivi, le programme des Victoires de la musique diffusé samedi dernier, n’a pas laissé de place à certaines catégories. Michel Algay, le producteur « d’Âge tendre », ne veut pas à tout prix recevoir un trophée. Deux millions de spectateurs en 4 ans de tournée, c’est plutôt une belle récompense et cela lui suffit d’obtenir les suffrages du public.

Le problème qui est soulevé, c’est l’impartialité des décideurs et la probité avec laquelle sont décernées ces sculptures.

Il faut pour bien comprendre avoir quelques éléments qui peuvent échapper au public. Le comité des « Victoires de la musique » est une association qui vit principalement de l’argent qui est versé par les majors. De ces dons, des gens tirent des salaires. Tout travail mérite salaire, d’accord, mais certaines rentes me semblent douteuses.

En termes claires, si je suis payé par Sony et Universal, puis-je décemment donner une récompense à un album produit par un label indépendant et uniquement distribué par internet ?

De plus le producteur de l’émission télévisée est Nagui. Vous aurez remarqué que tous les extraits de présentation des chanteurs nominnés sont issus de Taratata… Il faut savoir parfois se faire de la publicité à peu de frais.

Les Victoires de la musique, ne sont vraiment que celles d’une certaine musique, plutôt bien appréciée dans le milieu très parisianiste de soirées branchouilles et Bo-bo, tendance France Inter et Télérama. Je dis cela en connaissance de cause, j’écoute France Inter. Ce qui est le plus gênant, ce n’est pas que Biolay ou Ruiz soient récompensés, au contraire, leur travail mérite d’être reconnu, quant à l’album d’Izia, celui-ci est tout simplement excellent, non ce qui me dérange c’est la permanente opposition qu’il faudrait faire entre la chanson « Intello » et la chanson « populo ». Pourquoi vouloir sans cesse diviser plutôt que rassembler ?

Il me semble que le coeur même de l’art (même s’il est mineur) c’est la création d’émotion. Si une chanson, d’oû qu’elle vienne, quels qu’en soient les auteurs et compositeurs, vous donnent le frisson, alors c’est une bonne chanson. Je peux vous assurer que lorsque j’entends certains titres de Damien Saez, Alain Bashung ou Jacques Higelin, je suis ému de la même manière que lorsque je vois sur scène Charles Dumont ou Isabelle Aubret. C’est juste une question d’alchimie musicale. Une belle mélodie, un beau texte et la magie opère.

Pour résumer, si vous rêvez de remporter un jour une récompense, prévoyez d’intégrer d’abord une major, d’avoir un plan promo avec beaucoup de zéro et de passer dans les meilleurs programmes musicaux. A ce moment-là vous aurez des chances. Sinon, continuez d’écrire, de composer et de chanter face à votre public, lorsque vous recevrez leurs applaudissements et leurs bravos, ce sera alors votre plus belle victoire.

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

Lundi 8 février 2010 par Olivier  
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(Olivier Vadrot, membre de la Team ZicMeUp, nous propose sa chronique hebdomadaire. Vous pouvez le retrouver sur son site www.oliviervadrot.com)

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Comment limiter la création à cause des quotas

Chers amis,

Comme je le préssentais en début de semaine dernière, les jours qui viennent de s’écouler m’ont offert beaucoup de plaisir et de bonheur à travailler pour le monde du spectacle. J’ai eu la chance de valider des dates de concert, d’assister à de très beaux spectacles et de rencontrer des passionnés de chanson et de musique, j’ai voyégé en bonne compagnie et ai préparé le calendrier pour les mois prochains.

Vous le savez sans doute, var j’ai déjà au l’occasion d’en parler dans certains billets, j’interviens de manière ponctuelle et toutefois très agréable, sur Radio Néo. En général, j’aime être sur cette antenne le mardi soir.

La semaine dernière, il y avait sur les ondes un débat fort intéressant qui avait pour thème l’utilisation de la langue anglaise pour écrire des chansons. Doit-on, en tant que français, utiliser une autre langue que la sienne pour s’exprimer ? Toujours en pareille circonstance, les échanges sont extrêmes et parfois vindicatifs. D’un côté il y avait un auditeur d’origine hongroise qui soutenait que si on ne maîtrise pas les subtilités de la langue, il vaut mieux s’exprimer dans celle qui vous a vu naître et de l’autre il y avait Aubel qui ne chante qu’en anglais et qui défendait le fait de trouver des mots et des sonorités dans cette autre langue, qu’elle ne parvenait pas à faire naître en français.

Je pense que nous aurions pû les laisser toute la soirée en ligne, qu’ils n’auraient pas trouvé un terrain d’entente pour admettre que chacun finalement à raison.

Le principe même de la création est justement la liberté et la non-entrave à l’expression. Qu’importe que la langue soit celle de votre naissance ou de vos ancêtres ou du pays voisin. L’important est ce que vous souhaitez dire. S’il vous est plus facile d’écrire et de faire passer votre message en allemand ou en espagnol, alors allez-y. Personne n’y trouvera à redire.

La plupart des auteurs français qui écrivent en anglais se veulent plus proche d’artistes rock, que de song writter. Ils utilisent les mots, les sonorités, les consonnaces comme si ceux-ci étaient des instruments de musique en soi. L’anglais est sans doute la langue qui colle le mieux au rock. Je ne vous invite pas, d’ailleurs à traduire les textes de vos chansons favorites, car vous pourriez avoir de grosses surprises quant à la profondeur de cette littérature. Si ça sonne dans l’oreille et résonne dans le coeur, alors la partie est gagnée.

L’étape suivante est la diffusion de ces oeuvres. Il y a quelques années en arrière, les titres anglosaxons abreuvaient les playlist des radios FM. A tel point qu’une loi de 1996, a fini par être votée afin que les diffuseurs entre un certain quota de chansons en langue française, dans leurs rotations. 40 % de français, dont 20 % de nouveaux talents. Ces chiffres sont-ils bien respectés ? J’invite les plus curieux d’entre vous à consulter le site du ministère de la culture et de lire les articles de loi.

Aujourd’hui les groupes qui ne s’expriment pas dans leur langue peuvent rencontrer des difficultés de diffusion car elles n’entrent pas dans les quotas. Les programmateurs d’ailleurs ne s’en cachent pas. Pourquoi choisiraient-ils de passer des titres chantés en anglais par des français, alors qu’ils en ont une quantité impressionnante livrée tous les jours par d’authentiques britaniques ?

A l’inverse, j’ai eu la chance de pouvoir faire entrer des chansons sur certaines antennes, car à cette période, la production en langue française était faible et les créneaux accessibles.

On objectera toujours que quel que soit le titre, s’il est bon il sera diffusé, que Phoenix est l’exemple même du groupe français qui chante en anglais et qui cartonne sur les ondes et à l’étranger. C’est vrai, mais je me place toujours dans la perspective de jeunes groupes qui emmergent et à qui certains médias pourraient éviter les diffusions sous prétexte que leur quota est déjà atteint.

Pour l’anecdote il est bon de rappeler qu’il y a quelques années en arrière, Métallica, célèbre groupe de heavy métal, employait quelques mots en langue française dans une de leur chanson. Cette utilisation aussi minime suffit à les faire passer dans le pourcentage d’oeuvres en langue française. Autant dire que les 40 % par heure était explosés, car le titre faisait au bas mot 6 minutes. Tant pis pour nos petits français…

So long !

Olivier

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Mardi 2 février 2010 par Olivier  
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L’âge idiot ! !

Ou

Y a-t-il un âge limite pour se lancer dans la chanson ?

Chers amis,

Janvier reste sans doute le mois le plus triste de l’année. Même si vous réalisez de belles opérations, il demeure un sentiment de malaise et de couvercle qui pèse sur nos têtes, comme l’écrivait Baudelaire. Nous sommes d’ailleurs tous frappés par cette sensation. Dans ces conditions psychologiques peu favorables, il est très difficile de se faire entendre, surtout lorsque vous annoncez de mauvaises perspectives à vos interlocuteurs…

Je reçois, la semaine passée, un appel d’une chanteuse avec laquelle je suis en contact de loin en loin. Elle me donne de ses nouvelles et m’annonce ce qu’elle souhaite pour l’avenir : Sortir un nouvel album et refaire une scène à Paris au printemps. Son premier CD est sorti en juin 2009 et elle a donné trois concerts, à la même période, au café de la danse. Le disque ne s’est pas vendu et les retombées du spectacle ont été si peu nombreuses que le producteur a perdu beaucoup d’argent.

Cette demoiselle a beaucoup d’atouts dans son jeu, malheureusement, elle ne sait pas comment les jouer. Elle possède tout pour investir le créneau de la chanson world. Originaire du bassin méditerranéen, elle chante aussi bien en français qu’en espagnol ou italien, maîtrise le corse, arrange certains de ses titres aux couleurs orientales, danse le flamenco comme une vraie gitane. Malheureusement, elle voudrait être considérée comme une artiste de « variété ».

Je lui fais remarquer qu’elle n’a pas le répertoire qui correspond à ce qu’elle souhaite et que son univers est en total décalage avec les chanteuses qu’elle aimerait côtoyer. Celles que l’on voit sur Virgin 17 ou NRJ 12. De plus, j’attire son attention sur le fait qu’un des critères de sélection de nos jours est l’âge de l’artiste. Combien de fois ai-je entendu : « Ho ! mais elle est beaucoup trop vieille ! ! » Ce propos d’un programmateur était destinée à une chanteuse très jolie, mais ayant passé le cap des 28 ans… Que répondre à cela ? Pas grand chose.

Du coup, la chanteuse que j’avais au bout du fil à fait bien des efforts pour trouver quelques noms d’artistes ayant réussi au-delà de la barre fatidique des 25 ans. Elle a cité pêle-mêle : Sansévérino, Yves Jamait, Bénabar, Gainsbourg et quelques autres. Je lui fis remarquer que ce n’étaient que des hommes dont elle parlait. Aucune femme à l’horizon. Bien entendu en cherchant bien, on pourra sans doute trouver la femme qui est apparue alors que personne ne l’attendait et qui a fait une carrière extraordinaire, mais là franchement ce nom ne me vient pas. Remonter à Barbara ou Catherine Ribéiro laissera la jeune génération perplexe.

Le métier du spectacle est très indulgent envers les hommes. En effet, vous débarquez sur une scène et chantez vos blessures, même à 40 ans cela peut toucher le public, sans que celui-ci d’ailleurs ne trouve à redire à la qualité de vos pansements. En revanche, une femme qui se présenterait dans les mêmes conditions, sur le même plateau aurait beaucoup plus de mal à se faire entendre. C’est juste une question d’âge et de physique.

La demoiselle doit faire rêver, doit donner envie aux spectateurs de rester devant leur poste, si elle a davantage l’âge d’être une mère plutôt qu’une adolescente, cela n’intéressera pas les décideurs. On entre là dans tout à fait autre chose que le choix et l’appréciation purement objectifs basés sur la qualité artistique d’une chanson. Il y a des réflexes inconscients auxquels peu de professionnels échappent. Ils vous diront tous le contraire et pourtant.

J’ai cru naïvement par le passé, qu’il était possible d’imposer, dans le milieu de la variété, une chanteuse à la trentaine fringante. Aujourd’hui, je suis totalement convaincu du contraire. Et ce constat me rend triste pour les dizaines d’artistes de qualité qui existent et qui ne parviendront jamais à se faire entendre, uniquement parce qu’elles ont pris leur carrière en main beaucoup trop tard. Cette forme d’injustice est inadmissible, car c’est renvoyer la chanteuse non pas à son statut d’artiste, mais d’objet sexuel.

Vous pourrez tenter de me démontrer le contraire de ce que j’avance. Encore une fois et comme je le dis souvent, je ne demande qu’à être convaincu et reconnaître que je suis dans l’erreur. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais les exemples autour de nous, ne m’incitent pas à la mesure.

Bien entendu, mesdemoiselles, mesdames, vous n’êtes pas à l’abri d’un « splendide hasard » qui pourrait vous permettre d’accéder à la notoriété à un moment où toutes les portes semblent closes, mais personnellement, je ne parie jamais sur l’irrationnel. Peut-être est-ce un tort ? Je poserai la question à Susan Boyle.

Olivier

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Lundi 25 janvier 2010 par Olivier  
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Tout va très bien madame la marquise ! !

Ou

Comment se persuader que le marché musical est bien portant

Chers amis,

 

Comme beaucoup d’entre vous, je suis allé cette semaine au cinéma, découvrir le biopic de Joann Sfar consacré à Serge Gainsbourg. Je n’entrerai pas dans l’analyse du film, ni même n’en présenterai une critique. Je dirai juste que j’ai passé un bon moment, voilà tout.

 

Toutefois, une chose a attiré mon attention et m’a largement intrigué : Quelle était le niveau de vente des albums de Gainsbourg ? Je veux dire de ces propres disques et non ceux qu’il écrivait pour d’autres chanteurs. Deux chiffres me semblent significatifs. Au cœur des années 70, alors que l’industrie musicale ne connaissait pas la crise, Il sort en 1976 « L’homme à tête de chou », puis en 1979 « Aux armes etc… ». Du premier il en vendra, à l’époque, 13 000 et du second plus d’un million. Heureusement, le temps a fait son œuvre et les chiffres sont très nettement remontés pour cette pièce majeure dans le parcours de ce créateur génial.

 

Aujourd’hui alors que nous touchons presque le fond en terme de chiffres de vente, il y a des gens, ceux qui font partie des milieux autorisés, qui affirment que tout ne va pas si mal que ça et que la situation est quasiment sous contrôle. J’ai lu un article, sur le nouvelobs.com, qui reprenait les propos de David El Sayegh, le patron du SNEP : « Les chiffres de l’industrie musicale en 2009 sont très bons ».

 

Je me suis donc précipité sur le site du syndicat des éditeurs phonographiques et j’ai consulté le document accessible en ligne. Sur les 9 premiers mois de 2009, le recul en terme de vente, « n’est que de – 9,3 % » (- 11,4 % CD, + 3,5% digital). En l’espace de 4 ans, le volume, en millions d’euros, est passé de 558 à 347, soit quasiment 40 % de perte de chiffre d’affaire. Si dans une telle situation on vous dit que tout va bien ou presque, il est tout de même permis de douter, les statistiques parlent d’elles-mêmes, non ?

 

Je me souviens d’une époque où, lorsque je me rendais dans mon supermarché, je passais régulièrement au rayon CD, voir les nouveautés, découvrir quelques titres sur les bornes d’écoute, dénicher une affaire. Les disques étaient disposés sur trois rayons entiers. Aujourd’hui, l’espace réservé à la musique enregistrée, a fondu comme neige au soleil et ne représente plus qu’un demi rayon. Autant dire que si vous voulez le dernier titre entendu sur NRJ, Fun ou vu sur M6 et MTV, vous le trouverez sans aucun doute. En revanche les produits distribués par de petits indépendants…

 

D’ailleurs une responsable des achats de CD d’un magasin Cultura me l’a dit clairement : « On ne travaille quasiment plus avec les indépendants. Seules les distributions des majors sont bien représentées. »

 

Alors, vous allez me demander pourquoi cet étalage de chiffres et ce constat aujourd’hui ? A un moment, lorsque votre CD sera prêt, il vous faudra vous allier à un distributeur, pour que le public puisse trouver le disque en magasin. Si vous liez les deux informations que je vous donne : Chute massive des ventes + absence de petits distributeurs dans les enseignes de ventes, vous aurez de grosses difficultés à mettre en avant votre travail.

 

Bien entendu la plupart des distributeurs vous diront qu’ils sont présents partout. Il est vrai que votre disque pourra se trouver dans un bac à la FNAC ou chez Virgin, mais en dehors de ces quelques points précis… De plus, vous pouvez être présents dans ces magasins, mais ce n’est pas pour cela que vous serez certain de vendre. Pourquoi ? Tout simplement parce que les meilleures places : en façade, en borne d’écoute, en présentoir sont réservées, comme d’habitude, aux gros distributeurs…

 

Si par hasard, vous êtes signés chez un petit distributeur et que vous obtenez une notoriété foudroyante (ce que je vous souhaite sincèrement), alors là oui, vous prendrez votre place parmi les machines de guerre, tout simplement parce que vous rapporterez beaucoup d’argent.

 

Le mètre carré en magasin a une valeur et celle-ci se rentabilise en vendant ce qui marche. Fini le temps où le chef de rayon pouvait mettre en avant ce qui lui plaisait et en faisait profiter ses clients. Diam’s, Pagny, De Palmas passent à la télé, alors on en vend. Les têtes raides, Leprest, Guidoni en sont absents, alors impossible ou très difficile de les acheter.

 

Le point noir de cette histoire est que pour l’instant personne ne trouve ou ne  propose de solution alternative, pour que les artistes puissent de nouveau vivre de la vente de leur travail. Ce n’est pas la maigre progression de la vente digitale qui peut laisser de l’espoir à la jeunesse. Hadopi ne changera rien. Pour ceux qui vendaient beaucoup auparavant peut-être, mais pour les petits ? Alors, la licence globale ? Qui sait…

 

Olivier

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Lundi 18 janvier 2010 par admin  
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Les sectes ! !

Ou

Comment échapper aux vendeurs de rêves

Chers amis,

La semaine qui vient de s’écouler a été très fructueuse et remplie de rencontres très intéressantes, tant professionnellement qu’humainement. Je souhaite vivement que les 7 prochains jours ressemblent aux précédents et surtout qu’il en soit de même pour vous. Malgré tout, je suis certain que nous sommes le premier acteur de notre vie et de notre réussite.

Je suis en contact assez régulièrement avec Eric, un chanteur qui vit dans la région de Grenoble. Nous échangeons par mail, sur l’évolution de son travail. Il me demande mon avis. Modestement j’essaie de l’aider.

Je reçois de sa part, un message, il y a une dizaine de jours. Il me dit avoir été contacté par une société de communication « très intéressée par son profil » et qui souhaite entrer en relation avec lui assez rapidement. Avant toute chose Eric a la gentillesse de me demander mon avis sur la société qui lui a écrit. Je me renseigne sur le net et n’y découvre pas grand chose d’exceptionnel. Je conseille donc au chanteur convoité, d’aller dans un premier temps au rendez-vous fixé par cette agence et qu’il me tienne au courant de son entretien.

Quelques jours plus tard, Eric m’appelle et me trace dans les grandes lignes les points abordés au cours de sa rencontre. Bien entendu la société a littéralement craqué sur l’artiste. Elle compte faire de lui une future vedette de la scène française. Comment procéder ? Le développement est très simple : Tu nous donnes 1200 € et un de nos agents se rend au MIDEM fin janvier et présente ton travail au monde entier ! ! ! Ils ont de très bons contacts avec le Canada et le Japon, paraît-il.

« Qu’en penses-tu ? », me demanda-t-il ? Ma réponse fut assez simple : « Méfie-toi ». Je suis allé au MIDEM, il y a 3 ans. J’ai vu comment les professionnels de « l’édition » travaillent. Ils viennent du monde entier s’échanger des catalogues de titres, parlent beaucoup de la chute des ventes de CD, retrouvent de vieux copains qu’ils n’ont pas vu depuis l’an passé, boivent de bons coups, mais ne sont pas, ou plus, ou rarement, là pour dégoter la perle rare de la chanson.

Je demande à Eric s’il sera le seul de l’écurie de cette société à être présenté à Cannes ? Non, bien sûr. Les gentils communicants confectionneront un joli CD d’une dizaine d’artistes, avec une belle jaquette et une non moins jolie pochette plastique. Ce produit extraordinaire sera distribué au grès des rencontres internationales. C’est bien connu, le Japon raffole de nos chanteurs. Voyez les carrières de… comment s’appellent-ils… ? Vous ne voyez pas ? Moi, non plus.

Ce que je vois c’est juste la multiplication de 1200 € par la dizaine de chanteurs qui auront bien voulu cracher dans le porte-monnaie de ces gens-là. Ainsi, leur MIDEM sera payé (VHR inclus, bien entendu). Ils pourront se pavaner sur la croisette et s’enorgueillir, auprès de leurs fréquentations parisiennes, d’avoir vu de magnifiques couchers de soleil, tout en croisant Pascal Nègre et quelques vedettes américaines dans le hall du Carlton.

Le jour ou de manière répétée et confirmée, la chanson française sera à l’honneur du MIDEM et s’exportera à travers le monde sur simple présentation d’une compilation, alors là je dirai : oui, allez-y ! D’ailleurs à cet instant il n’y aura aucune raison de payer d’avance, puisque le combat sera gagné avant même d’avoir débuté.

Face à ce genre de propositions, je vous invite à rester très prudent. Le marché francophone, ne se détermine pas au bord de la Méditerranée. On sait plus ou moins comment il fonctionne. Alors, si quelqu’un vous vend l’internationale, alors que vous n’avez pas sorti de titre en France, que vous n’êtes signé nulle part, que vous n’avez pas d’éditeur, vous êtes en droit de vous poser quelques questions.

Attention, le principe de payer pour participer à une compilation qui sera présentée à des décideurs ou des médias, ne me choque pas en soi, tant que cela reste sur des montants acceptables. Quelques dizaines d’Euro, pas plus.

Il y a régulièrement des gens qui m’écrivent en me disant : « Oui, mais moi je connais quelqu’un pour qui ça a marché… ». Combien d’autres ont dépensé des sommes folles pour rien ? Combien d’artistes ont emprunté, ont vidé leur compte, se sont ruinés ?

Il faut toujours mettre en perspective les moyens engagés, face aux retombées que l’on peut obtenir. Il faut toujours se renseigner sur les possibilités et les réussites de celui qui veut vous soutirer de l’argent. Il faut toujours rester vigilants et ne pas céder facilement dès que l’on entend des mots tels que : MIDEM, TELE, RADIO…

Ne soyez pas tenté d’enrichir d’obscures officines qui ont pignon sur rue. Les sectes jouent sur les mêmes cordes sensibles : « T’es l’meilleur, t’es l’plus beau, file-moi tes ronds ! ». On sait comment sont fragiles et vulnérables les artistes. Ne tombez pas dans le panneau. Les temps sont durs, gardez vos sous et essayez de les dépenser à bon escient.

Musicalement.
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Jeudi 14 janvier 2010 par admin  
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Tu es de ma famille ! !

Ou

Avoir conscience de son identité musicale

Chers amis,

Voici une année qui démarre sur les chapeaux de roue. La France est un pays bien étrange. Le rythme de travail est ponctué par les périodes de vacances scolaires. Aussi, entre le 20 décembre et le 4 janvier, il ne faut pas espérer grand chose des contacts que l’on peut avoir. Mais, dès le 5 du même mois, cela n’arrête pas. Le téléphone sonne et les rendez-vous sont nombreux. Qui s’en plaindra.

Je suis très heureux de voir que mes activités se multiplient. En plus de l’écriture de mes articles et de leurs diffusions en ligne sur de nombreux sites, je tiens particulièrement à remercier l’équipe de Zicmeup, le site « accélerateur de talents », qui relaie mes papiers sur leur blog.

J’ai débuté janvier en participant par téléphone à une émission diffusée le mardi soir sur Radio Néo. « Le labo » propose aux jeunes artistes d’appeler et de faire découvrir en direct leur travail. J’ai entendu plusieurs intervenants au cours des deux heures de programme. Il y avait, entre autre, un jeune garçon qui pratiquait une musique typée, tendance cold wave, avec comme inspiration Cure ou New order. Des textes en anglais et une musique froide. Il était très heureux, et je le comprends, de nous annoncer qu’il avait des contacts à travers le monde, en particulier en Allemagne, aux USA et en Russie. Son album auto-produit se vendait confidentiellement, mais se vendait tout de même.

Vint ensuite Lola Baï, une jeune chanteuse prometteuse qui, à l’écoute de l’auditeur précédent, se laissa aller à rêver également à une diffusion internationale de ses chansons. Son style à elle, c’est la musique Pop, avec des paroles en français. « Oui, j’aimerais bien chanter en anglais », dit-elle à l’antenne « Et pourquoi pas partir à l’étranger ».

Autant je pense que Lola a une forte probabilité de réussir dans notre pays, autant je suis quasi certain, mais peut-être que je me trompe, elle n’en a pratiquement aucune de réussir en dehors de nos frontières et des pays francophones. Quand je parle de réussir, je veux dire autre chose que d’organiser quelques concerts dans des alliances françaises à Berlin ou Oslo.

La raison en est toute simple. La communauté musicale à laquelle vous appartenez vous offrira des possibilités. En dehors de celle-ci, point de salut, sans moyen énorme, et encore. Je m’explique.

Dans le premier cas cité, le groupe joue une musique originale, peut répandue dans notre pays et qui ne passe quasiment pas sur nos ondes. Il en est de même dans à peu près tous les autres pays d’Europe. Mais, dans chaque Etat, de nombreux jeunes sont à l’écoute d’une telle musique et ils n’hésitent pas à aller sur le Net découvrir des groupes qui viennent de loin et qui leur apporte ce qu’ils ne peuvent trouver chez eux. Ainsi un groupe français, peut tout à fait devenir fameux à l’autre bout de la terre, si plusieurs fans se mettent à acheter des disques et diffuser leurs compositions, voire même les inviter à venir jouer sur scène.

Il y a longtemps de cela, alors que je n’envisageais même pas de faire partie de ce milieu, j’accompagnais EPK, un groupe qui jouait une musique semblable à celle dont je parle. Nous partions le week-end un peu partout en France donner des concerts, dans des MJC ou des caves obscures. Il y avait toujours un public fidèle et fan de ces ambiances.

Je fus fort surpris de découvrir qu’à Reims, au Mans ou à Marseille, les spectateurs connaissaient les chansons, l’histoire du groupe et avaient acheté les albums via internet (ils en ont écoulé environ 500, sans passer par un distributeur ou un label). Il en était de même à Prague et Moscou.

Cet univers musical ne compte qu’un seul grand magazine papier qui fait la part belle à ces groupes. EPK avait eu droit à un article dans celui-ci. Régulièrement ils étaient contactés pour participer à des compilations qui étaient diffusées au-delà de nos frontières. Cela leur a valu une réputation internationale. Cette réputation est bien entendu, à leur niveau, mais existe tout de même.

Pour en revenir à Lola Baï, quelle est la communauté à laquelle elle appartient ? Celle des chanteurs français qui jouent une musique qui ressemble à celle de milliers d’autres chanteurs français. Un petit quelque chose en plus, il est vrai, mais pas assez identifiable ou original pour que des auditeurs à l’autre bout de la planète se disent « Ho ! ça c’est génial ! J’achète tout de suite. » Malheureusement, peut-être.

Avez-vous déjà écouté la bande FM norvégienne ou tchèque ? Et de vous dire : « ce que j’entends c’est Top, j’achète ! » Comme moi, jamais sans doute…

Il est important de savoir de quelle famille on veut être. Si vous jouez du hard rock, de la country ou du rap, alors là oui, vous pouvez diriger votre communication en direction des quelques médias qui seront susceptibles de vous diffuser. Les radios ou télés qui se disent généralistes, en fait ne le sont pas. Elles sont « variétés » et ventre mou, rien de plus. Elles préféreront plutôt diffuser Calogéro que Satan Joker (pour rester dans le hard rock). Donc il est inutile de nous demander, à nous les communiquant, de faire pression sur Michel Drucker, pour qu’il passe un bon morceau de Punk, le dimanche après-midi. Cela risquerait de faire grincer quelques dentiers…

Devenez des vedettes dans votre univers. Inondez les médias qui peuvent parler de vous, faites-vous connaître si ce n’est déjà fait. Ayez un véritable statut incontournable. Il faut qu’à chaque fois que l’on parle de votre style musical, on vous cite comme référence. Cela peut prendre du temps, cela dépend du nombre de radios, webradios, magazines, émissions de télé, salles de concerts… Ne négligez rien, du plus petit fanzine, à la plus grosse radio, du petit café-concert au grand festival, tout est bon à prendre. Si vous êtes sur une niche cela devrait être plus simple. En fait tout dépend de la taille de la niche.

Bonne semaine.

Olivier

Jeudi 14 janvier 2010 par admin  
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(<em>Olivier Vadrot, membre de la Team ZicMeUp, nous propose sa chronique hebdomadaire. Vous pouvez le retrouver sur son site</em> <a href=”http://www.oliviervadrot.com” target=”_blank”> www.oliviervadrot.com</a>)

Let it be ! !

ou

Comment les Beatles sont devenus les Beatles

Chers amis,

Voici venu le temps des vœux en ce début d’année. Bien entendu, je ne peux que vous souhaiter le meilleur pour vous, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers et vous entourent.

Traditionnellement en janvier, viennent avec la galette des rois et son trop plein de sucres rapides et de mauvaise graisse, les bonnes résolutions. Je veux parler des vraies et de non de celles qui prennent fin dès le 2 janvier au soir.

Rêvons que 2010 sera l’année de la sagesse et de la prise de conscience que seul on ne peut avancer bien loin.

Il y a une dizaine de jours de cela, sous le sapin de Noël, attendait sagement une biographie des Beatles. Je l’avais tout spécialement choisie pour faire plaisir à mon fils qui est fan de ce groupe. Bien entendu, j’ai profité des quelques jours de congés pris pour les fêtes, pour compulser l’ouvrage. Aimant ouvrir ce type de livre à n’importe quelle page, le hasard m’amena au chapitre consacré à Brian Epstein.

Ce jeune garçon, obscur disquaire de Liverpool sans grand charisme, entend parler des Beatles. Il se rend à plusieurs concerts de ceux-ci et décide rapidement des les prendre en management. A cette époque les garçons étaient tellement dans le vent que leur attitude scénique ne satisfaisait pas du tout Epstein. C’est lui qui leur a demandé de ne plus fumer, boire, manger du chewing-gum en scène, de parler aux copains du premier rang pendant les spectacles, d’être polis avec les organisateurs de concerts…

Malgré le caractère rebelle que l’on attribue à ces jeunes et plus particulièrement à John Lennon, ceux-ci se plièrent aux injonctions du manager. A coup de notes dactylographiées Brian Epstein faisait ses recommandations. Les Beatles, pas encore signés en maison de disque et pas tout à fait au complet, Ringo Starr n’arrivera que quelques mois plus tard, comprirent qu’ils devaient faire confiance à leur aîné, car lui avait le regard extérieur qui leur manquait pour pouvoir avancer. Ce fut dans la bonne direction.

On sent bien à la lecture de ces pages, que Mac Cartney et les autres, avaient besoin que quelqu’un prennent en main leur destinée. Ni Brian Epstein, ni Georges Martin n’ont enlevé quoi que ce soit aux Fab four. Non, au contraire, ils ont permis une sublimation de ce qu’ils avaient en eux, à savoir un talent fou et une mine d’inspiration presque inépuisable.

Combien j’en ai vu qui, pour chercher leur voie(x), jouent en scène avec des artifices. En fait ceux-ci cachent plus qu’ils ne dévoilent. Il ne sert à rien de vouloir « jouer » une image qui n’est pas la bonne, qui n’est pas la vraie. Monter sur scène une cigarette au bec ou une bouteille à la main, hormis par souci de mise en scène, n’apporte rien à votre personnalité et peut même donner l’effet inverse de celui voulu.

Si jamais un jour, une personne avisée venait à vous demander de modifier un petit quelque chose dans votre attitude scénique : « Tiens-toi mieux », « Regarde le public », « parle moins », « parle plus », « travaille ta voix » ou dans votre rapport aux médias : «Sois plus précis dans tes explications », « Ne cite jamais untel ou untel, mais plutôt tel autre », « N’hésite pas à renvoyer la balle si celle-ci arrive trop vite », faites confiance à cette personne.

Ne pensez pas que vous maîtrisez tout, vous avez des failles et c’est normal. Le miroir de vous-même ne vous renvoie pas l’image véritable de ce que vous êtes. Vous ne voyez de vous que ce que vous voulez voir.

Il ne s’agît en rien de faire de vous des pantins dont les ficelles seraient tirées par on ne sait qui. Le but est de vous aider à prendre votre vraie dimension. Dans l’ombre de ceux qui réussissent, il y a toujours une femme ou un homme ou un groupe de personnes qui poussent vers l’avant. On ne les connaît pas toujours, on n’a jamais vu leur visage, ni entendu leur voix et pourtant sans eux certains artistes n’existeraient pas. Qu’aurait été la carrière de Léo Ferré chez Barclay sans Richard Marsan ? et celle de Gainsbourg chez Philips sans Philippe Lerichomme ?

Il n’est pas facile de donner sa confiance, surtout dans ce monde merveilleux du show business ou chacun est prêt à manger sur le dos de son camarade pour recevoir un peu de gloire éphémère. Mais si vous trouvez la bonne personne alors lâchez du lest et laissez-vous entraîner vers la gloire.

Je vous renouvelle tous mes vœux de réussite pour cette année 2010.

Musicalement

Olivier

Mardi 22 décembre 2009 par admin  
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L’ espoir ! !

ou

Comment David Bowie et Led Zepplin ont failli ne jamais faire carrière

Chers amis,

Nous y voilà enfin. La fin d’année approche à grands pas, avec son cortège de repas et cadeaux en tous genres (des CD peut-être ? Si vous en achetez encore). Je ne voulais pas finir 2009 sur une note négative, le temps à l’extérieur se charge très bien de nous saper le moral avec ses températures polaires. Non, c’est décidé, je finirai ce mois de décembre avec quelques mots qui, j’espère, vous permettront d’affronter 2010 avec une pêche d’enfer et une détermination à toute épreuve.

Il y a une dizaine d’années apparaissait sur nos écrans la Star Académy. Les plus jeunes trouvèrent cela formidable que de laisser une chance à de véritables inconnus de devenir de vraies vedettes. Le principe du télé-crochet n’était pourtant pas une découverte émanant des neurones ultra-performants des chercheurs de chez Endémol. Non, ce type de jeu existait il y a bien longtemps déjà.

Au cœur des années soixante il y avait de tels programmes. En France nous avons eu dès 1965, à l’ORTF, le Jeu de la Chance. Pour la première fois des téléspectateurs votaient pour leur artiste préféré. Au mois de novembre de cette année-là, la France découvrit d’une part Georgette Lemaire et d’autre part Mireille Mathieu. On connaît les carrières de chacune.

Je veux aujourd’hui vous emmener de l’autre coté de la Manche, en Angleterre. La BBC organisait elle aussi un concours, qui ressemble étrangement à celui qui a vu vaincre Susan Boyle « Britain’s got talent ». Des inconnus se présentent face à un jury et proposent leur travail, avec l’espoir d’être sélectionnés pour le tour suivant.

Hé bien, en 1965, un parfait inconnu nommé David Bowie, participa à ce jeu. A la surprise générale, il ne passa pas le premier tour et fut rejeté comme de nombreux autres. On lui reprocha un physique différent et surtout une voix pas très claire, quelque peu déraillante. On connaît la suite, d’abord Ziggy Stardust, puis une carrière solo exemplaire avec des millions de disques vendus à travers le monde.

En 1969 cette fois, un groupe de jeunes chevelus se présenta devant les sommités qui composaient le jury. Ils branchèrent leurs guitares électriques et entamèrent un morceau survitaminé et décoiffant. Eux non plus n’eurent pas le droit d’aller plus loin que cette simple présentation. Led Zepplin ce jour là aurait pu mourir de sa belle mort, pensant que ce métier n’était pas fait pour eux, mais voilà, ils se sont accrochés et quelques mois après ce passage infructueux, ils sortirent un album qui restera gravé dans les mémoires de tous ceux qui aiment le rock. Jimmy Page, Robert Plant et les autres connurent également la gloire après être passés à travers le tamis des sélections de ce jeu qui pensait séparer le bon grain de l’ivraie.

Vous ai-je dit que Jacques Brel, au début des années 50, participa à un concours au casino de Knoke-le-Zoute, tout seul avec sa guitare et qu’il finit bon dernier !

Nous avons, nous autres, un pouvoir tout relatif, lorsque nous participons à un jury et cela m’arrive sur le Zicmeup Tour, celui de couronner de jeunes talents et d’en oublier d’autres… Je ne sais qui à la BBC en 1965 et 1969 a gagné le concours. Je sais que chaque année les professionnels parient sur de nouvelles têtes, et c’est bien normal, mais sont-ce celles-ci que l’on retrouve en haut de l’affiche 10, 20 ou 30 ans plus tard ? Rien n’est moins sûr.

Je ne peux que vous inviter à vous inscrire à toutes les épreuves que vous rencontrerez. Celles-ci sont formatrices et, quoi qu’il advienne, vous feront progresser, c’est certain. D’expérience, je peux vous assurer que je suis resté en contact avec quelques groupes ou artistes qui n’ont pas pu gravir les marches des podiums, mais qui connaîtront leur heure de gloire à un moment ou un autre. Il ne faut pas craindre l’échec lorsque l’on se jette dans l’univers fracassant du show business. Il faut se dire que cela finira par sourire. Parfois cela peut prendre du temps, beaucoup de temps.

Je profite de cet article pour vous dire que j’ai pris énormément de plaisir à vous écrire toutes les semaines depuis presque un an maintenant et surtout que vos messages et commentaires m’ont particulièrement touchés. Moi aussi, je suis comme vous, j’ai besoin de recevoir votre feedback pour pouvoir progresser. Grâce à vous j’avance. Soyez-en remerciés.

Il me reste à vous souhaiter une belle fin d’année 2009.

Avec toute mon amitié.

Olivier

Lundi 14 décembre 2009 par admin  
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Bosse huit heures, bosse ! !

ou

Comment découvre-t-on un véritable show man

Chers amis,

Inutile de tourner autour du pot et de vous faire croire à des mensonges. Je dois bien l’avouer, je n’ai jamais regardé le moindre numéro de la Star Académie. Cela doit faire bientôt dix ans que ce programme existe et jamais celui-ci ne m’a intéressé. Qui a gagné l’édition numéro 1, 2, 3… ? Aucune idée. Si je me souviens bien, Olivia Ruiz y a participé mais sans aller jusqu’au bout. Quant aux autres…

Il y une dizaine de jours, Frédéric Féder, un de mes amis, animateur sur Nostalgie et professeur au Studec, me propose de l’accompagner au casino de Paris, afin d’assister au concert de Quentin Mosimann. Autant vous dire qu’avant sa proposition, ce nom ne me disait rien. Je l’avais sans doute lu une fois ou deux sur quelque site web, mais sans y prêter attention. Ne refusant jamais une occasion de découvrir de nouveaux talents, j’ai accepté avec grand plaisir de me rendre dans la salle mythique de la rue de Clichy.

Avant cela j’ai pris quelques renseignements sur le garçon que j’allais voir, pour ne pas être totalement déconnecté de son actualité. Donc comme cité plus haut, ancien de la star Ac’, un double album composé de chansons originales et de reprises de la chanson française jazzifiées, une tournée qui s’achève justement à Paris le 11 décembre au soir, un nouvel album électro qui sortira le 25 janvier et une nouvelle tournée qui redémarre début février, avec en point de mire l’Olympia au mois de septembre 2010. Avec tout ça en tête j’étais bien équipé et en connaissais assez sur le sujet.

La salle était pleine à craquer de vrai public. Il n’y avait que très peu d’invités. En première partie nous avons eu droit à une jeune chanteuse issue de je ne sais plus quelle comédie musicale. Immédiatement nous avons été envahis d’un sentiment de malaise. Oui, cette demoiselle chante juste et a un joli timbre de voix, mais qui lui a dit de s’habiller comme cela ? Qui lui a dit de commencer son numéro en s’excusant d’être là ? Qui lui a dit de cacher ses jolis yeux derrière une frange qui la coupe de son public ? Je ne le dirai jamais assez, mais parfois le bon sens demeure ce qu’il y a de plus précieux quand on n’a pas d’imagination. Vous voulez vous looker mais ne savez pas comment, faites simple. Vous ne savez pas quoi dire au public face à vous, ne dites rien ou le minimum. Des mots simples et positifs. Montrez de l’énergie, ne soyez pas amorphes. Prenez du plaisir à chanter, nous en prendrons aussi. Si vous voulez être efficace, préparez-vous.

Puis est arrivé Quentin. Là, ce fut une véritable claque, un vrai show man est apparu. En ce qui concerne les chansons, je passe, car il est le premier chanteur que je croise qui ne possède aucun répertoire ! Ses titres personnels ne sont pas très intéressants, au regard de ce qu’il propose en terme de reprises. Mais là n’est pas mon propos.

Ce garçon entre sur scène, bien looké. On le sent à l’aise. Il prend l’espace scénique comme d’autres se vautrent dans un canapé moelleux. Il est là, chez lui, présent. Il fait le show. Il passe du piano, à la batterie, puis aux guitares, avant de venir à son micro. Il saute dans tous les sens, grimpe sur les enceintes, descend dans la salle, disparaît, puis réapparaît au balcon, disparaît de nouveau, chante et revient sur scène, fond en larmes lorsque apparaissent des centaines de roses dans les mains de ses fans, transforme le casino en véritable dance floor, termine son concert torse nu par un énergique solo de batterie. Une pêche communicative qui ne peut laisser personne indifférent.

Deux heures de show et les lumières s’éteignent. Le public sort. Nous jouissons du privilège de pouvoir demeurer dans le casino, afin de le féliciter chaleureusement. Valérie, une de ses productrices vient à nous. Nous échangeons quelques mots et faisons part de nos critiques. Au cours de ces minutes, je peux mesurer que, outre les talents que peuvent avoir naturellement les artistes, s’ils ne sont pas bien entourés et ne se mettent pas au travail, leur talent ne leur servira à rien.

Quentin et son équipe ne s’accorde qu’une petite semaine de pause, avant dès jeudi prochain de rentrer de nouveau en studio afin de répéter le prochain spectacle, qui ne démarrera qu’en février ! Pas le temps de s’endormir sur ses lauriers. Il faut déjà penser à la suite, mais y penser de manière active et non de façon rêveuse.

Rien dans ce milieu n’est jamais acquis. Il faut sans cesse remettre son ouvrage sur le métier. Si vous ne passez pas un maximum de temps sur votre instrument, à faire des gammes ou des vocalises, à chercher perpétuellement à être encore meilleur aujourd’hui qu’hier, alors il est à parier que vous serez vite essoufflé par le rythme à suivre pour arriver en haut de l’affiche.

Tout comme un sportif s’entraîne tous les jours pour monter sur la plus haute marche du podium, vous devez avoir la même combativité et la même persévérance qu’eux. Sinon, vous serez rattrapé par la voiture balais.

Musicalement

Olivier

www.oliviervadrot.com

Lundi 7 décembre 2009 par admin  
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Toi, mon vieux copain ! !

Mon horoscope ce matin m’indique que, en tant que lion, j’en fait trop et qu’il faut lever le pied, sinon je cours le risque de m’épuiser… C’est bien la première fois que je trouve un message aussi négatif dans les étoiles. Si je le comprends bien, il me conseille, pour parvenir à atteindre mes objectifs, d’en faire le moins possible ! ! ! Je n’ai jamais lu un tel précepte dans aucun ouvrage traitant de la réussite professionnelle. Faites comme moi, dès demain, même si la tentation est forte, passez rapidement la page consacrée aux astres…

J’ai eu le grand plaisir la semaine passée, de présenter mon activité de blogueur sur l’antenne de Radio Néo. Depuis, le nombre de pages vues sur mon site me prouvent que la voie médiatique traditionnelle, radiophonique, a encore de beaux jours devant elle.

Bien entendu, j’ai reçu quelques messages « intéressés » de la part de quelques faux amis. Ils se découvrent toujours au mauvais moment.

Cela me renvoie à une discussion que j’ai eue il y a de cela deux ans en arrière. A cette époque je travaillais avec un garçon, sûr de son talent et de ses amitiés dans le show business. Il est vrai qu’il collectionnait un nombre de numéros de téléphone assez conséquent et appelait très facilement des animateurs télé ou radio, au beau milieu du jour ou de la nuit. Lors de nos premières rencontres, je dois avouer que je fus très impressionné par son annuaire.

J’entamais donc mon travail, de prise de contact avec les médias, de façon sereine, car je savais que je pourrais une fois assise une petite réputation de mon artiste auprès des radios régionales, attaquer les gros réseaux.

En l’espace de quelques semaines j’avais obtenu la diffusion d’un premier single sur une cinquantaine de stations, un peu partout en France. J’étais donc sur le bon chemin. Tout naturellement je me suis adressé à mon ami en lui demandant de faire jouer son réseau pour que sa carrière prenne un véritable tournant et décolle.

Les appels se sont enchaînés, par dizaines. J’étais souvent face à ce chanteur aux amitiés nombreuses. Nous passions de longues après-midi à contacter untel qui est sur RFM ou tel autre qui parle dans le micro de RTL. A chaque fois les échanges étaient courtois, chaleureux et sincères, mais à l’arrivée toujours le même discours : « Tu sais je pourrais te filer le petit coup de main, mais quand tu seras entré en playlist chez nous ou quand tu auras une grosse actu ». Moi, je voyais ces conversations comme de vrais échecs, car ils ne débouchaient sur rien de concret. Il y avait en permanence cette notion d’évitement, qui permet aux gens de presse de sembler être intéressés (peut-être le sont-ils sincèrement) par le sujet que vous leur apportez, mais qui finalement ne s’investissent pas.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un animateur n’est pas un décideur, n’est pas le rédacteur en chef de son programme, n’est pas le patron qui définit la ligne éditoriale de son média. Un animateur est aux ordres de sa direction ! Avez-vous déjà vu d’illustres inconnus passer en vedette sur le plateau de Taratata ou de Chabada, le diamanche après-midi ? Moi pas. Est-ce que cela veut dire que Naguy et Daniella Lumbroso n’ont pas d’amis musiciens ? Certainement pas. D’ailleurs, je pense même qu’ils doivent être très sollicités. Non, cela veut simplement dire qu’à choisir et pour faire de l’audimat, ils préfèreront toujours programmer des valeurs sûres qui attireront le spectateur, plutôt que de faire la part belle à leurs copains.

Si vous avez la possibilité, regardez l’émission « Watt’s In », sur les chaînes régionales telles que Nantes 7, TV7, Wéo… Johann Perrier qui produit ce programme doit fournir chaque semaine quinze minutes d’interviews d’artistes. Toutes les majors (Sony, Warner, Universal, EMI) et autres gros labels indépendants, lui envoient régulièrement leurs nouveautés. Il n’a qu’à piocher, afin de concevoir sa liste d’invités. S’il lui prenait l’envie de ne réaliser que des émission consacrées uniquement à ses copains, il est à peu près certain que les acheteurs se détourneraient rapidement de son offre et iraient chercher ailleurs une production capable de fournir les minutes voulues. Voilà pourquoi, même quand son cœur balance pour un artiste émergent, mais sans notoriété, il préfèrera interviewer Pascal Obispo ou Enrique Iglésias.

Tout comme dans le milieu bancaire, dans le show business, bien souvent, on ne prête qu’aux riches…

Pour en revenir à mon ami et son carnet d’adresses long comme le bras d’un lanceur de javelot, je dirais que vous pourrez mettre à profit tous vos contacts lorsque vous serez établi et légitime à votre place. En attendant, dorlotez-les, chouchoutez-les, mais ne vous bercer pas trop d’illusions. Tant que vous en serez à chanter vos chansons, très bonnes sans aucun doute, dans des petits clubs et à auto-produire votre CD avec vos économies, les portes des grands médias resteront malheureusement fermées, même si vous passez vos vacances avec le patron de NRJ.

D’ailleurs, avec qui vais-je partir cet hiver ? Je vous enverrai une carte postale pour vous le faire savoir…

Musicalement

Olivier

www.oliviervadrot.com

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