Publié le Lundi 7 juin 2010 par Olivier
Menteur, Menteur ! !
Ou
Comment conserver une image irréprochable
Chers amis,
Nous voici déjà à quelques jours de l’été. La saison touche à sa fin et je n’ai vu le temps passer. Il nous faut déjà penser et entrevoir la rentrée. Des propositions de spectacles tombent pour 2011. Le calendrier se remplit à vue d’œil. Il faudra courir à certaines périodes, être sur les routes, aller de villes en villes. Réjouissons-nous de ce programme, car dans nos métiers rester assis et inactif signifie bien souvent la disparition. La nature ayant horreur du vide, si vous n’êtes pas là , un autre prendra votre place. Pour revenir ensuite cela demandera beaucoup d’efforts.
Un autre point, sur lequel je souhaite mettre un peu de lumière cette semaine et qui, si on n’y prend pas garde peut être néfaste, est l’image de vous-même que vous donnez aux autres. Je ne parle évidemment pas de l’aspect physique ou vestimentaire. Non, je veux parler de l’éthique que vous portez en vous, celle que vous défendez.
Notre « Milieu » n’est pas si grand que cela. D’ailleurs notre univers professionnel se réduit bien trop souvent à ce satané « milieu ». A croire qu’au-delà du centre point de salut. Tout finit un jour (toujours devrais-je écrire) par se savoir. Si vous adoptez une attitude saine, respectueuse et honnête, alors cela se saura et votre notoriété ne pourra qu’en être renforcée.
A l’opposé de cela, si vous pensez que la roublardise, le mensonge et la malhonnêteté vous faciliteront l’accès au succès, alors vous vous trompez. Il est très difficile pour moi d’illustrer cet article sans citer de noms afin de ne pas porter atteinte à la pseudo respectabilité de quelques personnes. Je vais tenter tout de même l’exercice.
Le patron d’un label, avec lequel je travaillais il y a quelques temps, me fit la démonstration suivante : Plus le mensonge est gros, plus il sera pris au sérieux. Ce type de propos est utilisé habituellement par toutes les formes de dictatures et laisse en général de mauvais souvenirs.
Alors qu’il me présentait le prochain album sur lequel il souhaitait que je travaille, il me dit : « Pour en mettre plein la vue aux médias, je l’ai fait mixer et masteriser dans tel studio ». Je fus tout d’abord agréablement surpris, car en effet, le studio dont il me parlait avait une belle cote et en sortant de ses machines on était sûr d’avoir « le » son. Toutefois, une chose me travailla. Le prix à payer pour les séances est assez élevé et le label n’avait pas des moyens conséquents. Malheureusement il se trouvait que le garçon qui gérait le studio était un de mes amis, mais le boss de la maison de disque ne le savait pas…
Sentant que j’allais être le premier maillon de la chaîne à me faire mener par le bout du nez, je décrochais mon téléphone et appelait mon ami. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que jamais il n’avait eu à mixer, ni à masteriser l’album dont je lui parlais ! !
A ce moment-là s’en fut fini de mes rapports avec ce petit monsieur, qui croyait sans doute pouvoir devenir Barclay à la place de Barclay !
Publié le Lundi 24 mai 2010 par Olivier
T’as le look Coco ! !
Ou
Comment un concept esthétique détrône un concept artistique
Chers amis,
Est-ce l’arrivée tardive, mais bien réelle, d’un temps estival qui fait éclore les bonnes nouvelles, comme s’ouvrent les fleurs ? Il est bon de la croire. Alors que je compulsais le rapport trimestriel édité par le SNEP, je découvris que, pour la première fois depuis 2005, les ventes globales de musiques enregistrées ont augmenté de 8 % ! ! ! Oui, vous avez bien lu, 8 %. Ce chiffre possède en réalité plusieurs lignes. Si le marché de single poursuit sa chute (- 16 %), les albums et DVD ont connu une belle progression respective de + 4 % et + 8,7 %. Le téléchargement connaît également un beau début d’année. Si la téléphonie mobile perd du terrain (- 21,8 %), les achats en ligne (+ 50,5 %) , le streaming (+ 100 %) et les abonnements aux diverses plateformes (+26,9 %) permettent dans l’ensemble d’obtenir un beau score de presque 30 % d’augmentation par rapport à l’an passé.
Tout ceci est à surveiller de près, bien évidemment. Le rapport du deuxième trimestre sera riche d’enseignements. Avons-nous affaire à un épi phénomène ou est-ce un retournement du marché ? A suivre…
Cette semaine je voudrais vous parler d’un aspect particulier qui me semble parfois prendre le dessus sur l’artistique pur. Le concept !
Il y a actuellement en France, et à priori partout dans le monde, un effet Lady Gaga. Je ne connais pas du tout les chansons et la musique de cette personne. Toutefois, j’entends régulièrement parler autour de sa jeune carrière, des experts en communication, des publicitaires, des journalistes, des fans, des créateurs de mode… Tous s’accordent à évoquer le look, les vidéos, les interviews, les reportages papier, les apparitions télévisuelles, mais presque personne ne parle du contenu. Seuls les aspects extérieurs semblent attirer l’attention et faire tourner les moulins à paroles.
Outre le fait que cette charmante demoiselle possède une plastique irréprochable et une voix pas désagréable du tout, je demeure sceptique quant à son succès sur le long terme. D’autres avant elle ont su apparaître et se faire un nom via un « personnage », je pense en particulier à David Bowie et son célèbre Ziggy Stardust.
Peut-on sérieusement exister à travers un concept ? Alors que la plupart des artistes attendent des critiques et des retours sur ce qu’ils sont (textes, chant, mélodie, arrangements…), nous sommes en présence, avec ce phénomène, d’une désincarnation du succès. Ce n’est plus la chanteuse en tant que telle qui est au centre des discussions, mais tout ce qui tourne autour d’elle. Je n’entends que très peu de critiques artistiques. On dit que son style se situe entre Madonna et Mylène Farmer. Je n’ai pas suffisamment de connaissance pour juger. Mais lorsque ce type de constatation passe à l’arrière plan, on peut sérieusement se poser la question du bien fondé d’une telle démarche. Ne sommes-nous pas face à un pur produit marketing qui se moque de ce que le pot contient et qui s’attache davantage à l’emballage ?
Ce qui est le plus inquiétant, c’est que ce discours est de plus en plus répandu dans le milieu du disque. Aujourd’hui, si j’ai bien entendu certains propos, si vous n’arrivez pas avec un « concept » dans votre poche, vous n’aurez que peu de chances d’attirer l’attention sur vous ! Un disque ? Mais qu’est-ce que c’est un disque ? 12 chansons et après ?
Soan, vainqueur de la Nouvelle Star, l’an passé, l’a-t-il emporté sur son simple talent d’interprétation ou est-ce un mix de look, de propos et de provocation ? Sans doute un peu de tout ça. Je vous invite donc à creuser votre univers. Non pas jusqu’à vous identifier à l’un ou l’autre des artistes cités aujourd’hui, mais tout comme une chanson n’est pas terminée tant que l’on n’en a pas fait le tour, une personnalité se cherche et se travaille en permanence. Il semble urgent de nos jours de s’intéresser tout autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Je vous rassure, on peut très bien réussir sans outrance. Il y a d’ailleurs même parfois des surprises. Souvenez-vous d’Alain Souchon débarquant sur les ondes des années 70, en s’excusant presque de venir nous déranger avec sa chansonnette. Voyez la carrière qu’il a réussie à bâtir, malgré cette quasi absence de charisme.
Une oeuvre se juge sur le temps. Lady Gaga sera-t-elle encore présente dans dix, quinze ou vingt ans ? Soan fera-t-il naître encore les polémiques dans 3 mois ? Je vous propose d’en reparler le moment venu.
Bonne semaine.
Olivier
www.oliviervadrot.com
Publié le Lundi 17 mai 2010 par Olivier
Frankenstein ! !
Ou
Comment les chercheurs se sont piégés eux-mêmes
Chers amis,
Le temps est tellement triste et désespérant que pour me dégourdir les neurones, je me suis amusé ce week-end à ouvrir un livre d’initiation à la langue latine. Ayant quelques restes de mes années de lycées je redécouvrais avec plaisir ces locutions aujourd’hui disparues. Une d’elles attira tout particulièrement mon attention « Disco ». La traduction me fit pâlir : « Apprendre ». J’étais bien loin d’imaginer que cette racine avait pu donner des dérivées qui finiraient par arriver dans nos oreilles sous forme de disque.
« Apprendre » donc. C’est ce que je fis au cours de ce long week-end qui n’en finissait pas de s’étirer. J’ai acheté un livre intitulé « La crise du disque » (ed Les carnets de l’info). Cet ouvrage fourmille d’explications sur ce que nous vivons actuellement. Cette crise qui dure et dont personne n’est capable, à ce jour, d’en entrevoir la fin.
Mais avant de voir le bout du tunnel, il est intéressant de faire un tout petit peu d’histoire, en remontant, pas si loin que ça, dans le temps.
Le développement du format CD date de la fin des années 70 et fait son apparition au début des années 80. Tout le monde était heureux. Voilà enfin le produit dont on avait besoin : Petit, léger, et surtout inusable. Finis les rayures et craquements. Un son parfait allait couler dans nos oreilles et pour longtemps.
Oui, mais voilà , à la même époque l’informatique se développe. Les disques durs avaient des capacités de stockage proche de la taille du cerveau de poule. Il fallait donc augmenter la taille des mémoires, mais également trouver une formule pour comprimer au maximum les informations, afin qu’elles transitent en masse dans les tuyaux et nous arrivent sans perte dans nos nouveaux computers.
Pour cela un consortium a été créé dans les années 90 : MPEG (Moving Picture Expert Group). Des industriels de l’électronique tels que Philips, Thomson, France Télecom ou TDF se mirent à chercher ensemble. Et c’est ainsi que naquit le format MP3. Un fichier audio pouvait être divisé par 10, sans aucune perte de qualité ou presque et voyager sur le réseau avec fluidité. Aucun de ses fameux chercheurs ne se doutaient qu’ils venaient de mettre au monde la créature qui allait en quelques années mettre à mal le cinéma et à genoux l’industrie du disque.
Nous sommes avec cette découverte en présence du docteur Frankenstein. Le pauvre scientifique ne pensait pas que ses manipulations allaient donner un tel désastre.
Les informaticiens grands et petits se sont emparés de cette nouvelle technologie et l’ont mise sur le réseau. En moins de temps qu’il n’en fallu pour les dénoncer, les sites et plateformes de peer to peer se sont développées, on se souvient tous de Napster et adieu les ventes de CD en masse, les chiffres d’affaires records et disques d’or à la pelle. Le gratuit devenait la norme et le pillage un jeu de société.
Tout le monde était perdant, je parle de l’industrie de la musique, pas des fournisseurs d’accès à Internet ou des publicitaires. Les artistes voyaient les ventes de disques fondre comme neige au soleil et les maisons de disques leurs investissements sans retour. Je rappelle que le chiffre d’affaire global du monde musical a été divisé par 2 en moins de dix ans. Je vous invite à imaginer ce qu’il se passerait en France, si les industriels de l’automobile fermaient la moitié des usines. On serait proche d’une révolution.
Que se passe-t-il aujourd’hui ? Comment faire pour rectifier le tir ? A vrai dire personne ne le sait vraiment. Les majors, afin de préserver des chiffres corrects à présenter à leurs actionnaires, permettent aux opérateurs web ou de téléphonie d’avoir accès à l’intégralité de leur catalogue. Pour cela les fournisseurs doivent payer des sommes considérables. Le produit de ces licences est-il bien redistribué aux ayants droits ? Les artistes d’Universal touchent-ils un pourcentage sur ces nouveaux modes de consommation de la musique ? Comment être certain de la véracité des chiffres de téléchargement ? Il y a tellement de sites sur lesquels on peut acheter de la musique. Et les nouveaux talents dans tout ça ? J’ai l’impression qu’ils sont un peu oubliés, non ?
Albert Einstein savait les ravages que pourrait provoquer une bombe atomique. Les membres du MPEG n’en ont pas eu conscience à temps. Dommage.
Je retourne « cogiter ». Face à tous ces problèmes, il y a de quoi en perdre son latin, n’est-ce pas ?
Bonne semaine.
Olivier
www.oliviervadrot.com
Publié le Lundi 10 mai 2010 par Olivier
Ou
Comment participer à un concours avec un bon esprit
Chers amis,
L’exercice d’écriture pour blog est une activité qui à la longue s’apparente à de la production journalistique. La vie est cyclique et les événements nous ramènent parfois toujours au même point, au même moment. Tout comme nous avons le droit à nos articles sur les ventres plats et comment bronzer sans soleil avant de partir en vacances, j’ai également quelques marronniers dans mon tiroir. Cette semaine, je ne dérogerai pas à la règle et traiterai d’un sujet déjà essoré à plusieurs reprises, mais qu’importe, il faut frapper de nombreuses fois sur le clou afin qu’il s’enfonce correctement.
La semaine passée, comme tous les ans depuis trois ans, j’ai assisté, en tant que juré, à la sélection pour la finale régionale, du grand concours national, organisé par le site web Zicmeup « accélérateur de talents ».
Au-delà du fait de retrouver des amis que je ne vois que trop rarement, il nous a été donné d’entendre plus d’une soixantaine de jeunes artistes, tous désireux de remporter le titre qui leur ouvrira entre autre, les portes d’un studio professionnel et leur permettra ainsi d’enregistrer quelques titres dans des conditions techniques optimales.
Comme d’habitude dans ce type de concours, le meilleur côtoie le moins bon, mais cela fait partie du jeu… Une nouvelle fois deux points ont attiré mon attention. En premier lieu, je ne parviens toujours pas à m’expliquer le choix de certains concurrents. Lorsque l’on vous donne un espace d’expression il faut l’utiliser au maximum, en étant le plus efficace possible. Ne vous perdez pas en conjectures et en réflexions qui n’apporteront rien à votre prestation. Choisissez le titre le plus percutant de votre répertoire et foncez !
Un titre percutant ne veut pas dire obligatoirement « gros son », « hurlement dans le micro » ou « tenue en scène excentrique ». Non, cela veut dire « Titre interprété avec toute votre énergie, avec vos tripes ». Pour preuve, le premier jour, une jeune chanteuse s’est présentée avec son clavier et un percussionniste. Une bonne partie de la chanson a été chantée « A cappella ». Succès garanti. Elle est sélectionnée pour la finale. Il y avait une telle intensité dans son interprétation que l’ensemble du jury a craqué.
Il faut se préparer pour ces concours comme on se prépare pour n’importe quel concert. Des gens qui savent chanter, il y en a beaucoup. Des artistes qui peuvent être capables de vivre de leur art, il y en a très peu. Si vous voulez faire partie de ce petit cercle, il vous faut travailler. Le jour où vous vous présenterez sur le plateau, vous serez prêts et votre sélection ne souffrira aucune critique.
Le second point, qui m’a particulièrement mis en colère, est la mauvaise foi de quelque candidat, qui se pensant supérieur, mais n’étant pas sélectionné pour la finale a cru bon venir me demander des explications concernant son éviction. De prime abord je trouve cette démarche plutôt intelligente. Pourquoi ai-je échoué ? Cette question nous devrions tous l’avoir à l’esprit lorsque malheureusement nous ne parvenons pas à obtenir ce que nous voulons.
Mais voilà , après quelques minutes de discussion le ton interrogateur devient accusateur. Ce chanteur, vexé de son échec, a déversé son fiel sur le jugement de l’ensemble des membres du jury. Ce jeune homme remettait en cause notre capacité de jugement. « Comment pouvez-vous juger en quatre minutes ? », « Ha, vous avez le temps d’entendre si une chanson est bien écrite ou pas ! », « C’est quoi un critère objectif ? ». Je ne m’étendrai pas sur chaque point soulevé. Bien entendu il y a toujours de la subjectivité dans le jugement. L’art n’est pas de la mathématique. Je peux bien entendu commettre une erreur, mais lorsque les membres d’un même jury notent, sans concertation aucune, à peu de chose près de la même façon un candidat, les doutes quant à la prestation ne sont pas vraiment permis. Alors remettre en cause les votes…
Soyez bons perdants. Un concours ne veut rien dire. C’est un « one shot » qui se termine bien pour quelques-uns, qui se finit moins bien pour d’autres. Encore faudra-t-il que les vainqueurs d’hier aient la capacité à nous faire vibrer lors de la finale. Là , nous verrons ceux qui ont la capacité à devenir de vrais artistes.
Une carrière se construit dans le temps, sur le long, très long terme. Je n’aurai de cesse de rappeler que lorsque Jacques Brel participa à son premier concours de chant à Knokke-le-Zoute, il finit bon dernier.
Bonne semaine.
Olivier
Publié le Lundi 3 mai 2010 par Olivier
Ou
Comment perdre bêtement des affaires
Chers amis,
J’ai repris cette semaine, la route. Cela faisait plus de trois semaines que j’étais sédentaire. Je commençais à avoir des fourmis dans les neurones. Un train m’amène jusqu’à La Rochelle et là je retrouve mes copains chanteurs et musiciens. Nous passons une nouvelle fois une journée de pur bonheur. Le bonheur c’est une drogue ! Ceux qui ont déjà vécu la vie de tournée comprendront de quoi je parle. Pour les autres, je ne peux que leur souhaiter vivement de connaître ces sensations le plus vite possible.
Mais la vie professionnelle n’est pas faite que de joie. Il m’arrive, comme à tout ceux qui travaillent en indépendant, de manquer des affaires. L’important est de savoir pourquoi on est passé à coté d’un contrat. Que c’est-il passé pour que je m’entende dire « non » ?
Comme je considère que l’échec fait partie du chemin à parcourir et que je ne veux pas donner l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, j’ai décidé aujourd’hui, de partager les deux expériences négatives rencontrées ces dernières semaines et d’en tirer les conséquences.
J’ai organisé début mars un concert pour Caroline Loeb, au Luxembourg. Je découvre quelques jours plus tard sur sa page facebook, qu’elle recherche une personne pour assurer sa régie sur certaines dates du mois de mai. Sachant ce que représentait cette tâche, je lui envoie un mail, lui proposant mes services. Il m’arrive parfois d’assurer ce job. Etant restée sur une bonne impression, de l’organisation que j’avais mise en place pour elle, je pensais que cela suffirait pour qu’elle me rappelle et que j’obtienne ce contrat. Il n’en fut rien. Quelqu’un d’autre l’accompagnera au cours de ses déplacements.
Que m’a-t-il manqué pour décrocher ce poste ? De décrocher mon téléphone ! Tout simplement. Ayant son numéro de portable, je n’avais qu’à l’appeler afin de lui proposer mes services. Mon appel aurait eu davantage d’impact que mon mail, j’en suis sûr. Cela ne m’aurait pas assuré d’une victoire, mais j’aurais eu bien plus de chances de la convaincre de vive voix. Le télémarketing est plus performant que l’emailing…
Autre exemple. Travaillant sur la tournée « Âge tendre et tête de bois », il m’arrive de recevoir des appels d’artistes qui me demandent directement ou indirectement de parler d’eux aux producteurs du spectacle. C’est ainsi que Charlotte Julian me téléphone début avril et me fait part de son envie de rejoindre la troupe. Je comprends à mots couverts qu’il lui serait agréable que je serve d’entremetteur. Je ne donne pas suite à notre conversation, pensant « j’en toucherai deux mots à Michel algay, à la Rochelle à la fin du mois. Il n’y a pas d’urgence ».
Vendredi, alors que je déjeunais en compagnie de Françoise, la femme de Michel, je lui glisse dans la conversation, la demande de Charlotte. Quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre me répondre : « Ho ! Mais c’est fait ! C’est signé pour Charlotte. Michel l’a rappelée il y a quelques jours ».
Si seulement j’avais téléphoné à Michel immédiatement après mon échange avec Charlotte, en lui proposant de l’intégrer à son plateau l’an prochain, je me serai mis en position de négociateur pour cette artiste. Mais j’ai tardé et l’affaire a été conclue directement entre la chanteuse et le producteur. Tant mieux pour elle. Tant pis pour moi…
Quel enseignement tirer de ces mésaventures ? Ne jamais hésiter à faire ce que l’on sait que l’on doit faire ! Si vous connaissez les tenants et les aboutissants d’une affaire, ne perdez pas votre temps à vous dire, je verrai ça demain. La nature a horreur du vide, dit-on. Je ne vous explique même pas ce qu’il en est dans le show business. Vous êtes là , on pense à vous, vous n’y êtes pas, un autre prendra votre place, c’est certain.
Bien entendu, après avoir lu cet article, ne vous précipitez pas sur n’importe quelle proposition sous prétexte de ne pas perdre l’affaire. Si cela se passait mal, je m’en sentirais coupable. Je veux simplement attirer votre attention sur le fait que parfois, il ne faut pas préjuger de ses capacités, de ses connaissances de ses contacts. Vous n’êtes jamais « le seul » dans la place. Si une opportunité s’offre à vous, mesurez-en bien toute la teneur. Peut-être pouvez-vous rendre réponse sur-le-champ, sans attendre.
Je me souviens d’un jour de l’été 2008. J’appelai Gérard Blanc car je venais de recevoir une proposition de gala. Bien qu’il eut déjà une option sur la date avancée, il me demanda de lui en dire plus. Après lui avoir présenté l’affaire je lui parlai des conditions financières. Celle-ci était un peu moins intéressante que la première offre. Toutefois, le promoteur était disposé à payer de suite l’intégralité du cachet. Dans l’instant Gérard accepta. Surpris par sa soudaine prise de décision, il me dit : « dans ce métier les choses vont tellement vite, sont tellement incertaine, que lorsqu’une bonne affaire se présente, il faut la saisir. Si je ne dis pas oui de suite, le promoteur appellera un autre artiste et ce gala nous passera sous le nez ».
Une nouvelle fois, ces anecdotes nous prouvent que le pragmatisme et la réactivité sont les moteurs d’une réussite quasi assurée.
Bonne semaine.
Olivier
Publié le Lundi 26 avril 2010 par Olivier
Ou
Publié le Lundi 19 avril 2010 par Olivier
Ou
Comment les organismes collecteurs de fonds s’enrichissent sur le dos des artistes
Chers amis,
Avec l’arrivée du printemps et des beaux jours qui l’accompagnent, c’est également une belle fin de saison artistique qui se présente pour moi. Nouveau contrat, nouveaux concerts ! J’espère que pour vous aussi, le vent souffle dans le bon sens.
A propos de vent, je suis resté cloué au sol, non pas à cause des fumées venues d’Iceland, mais bel et bien par la faute d’un rapport, émanant d’une commission composée de membres de la cours des comptes, qui est chargée de vérifier les chiffres de nos organismes collecteurs de fonds, pour les auteurs compositeurs (SACEM ; SACD ; ADAMI…).
J’appris, comme vous sans doute, le faramineux montant des rémunérations des principaux dirigeants de ces structures. Pensez que les 10 plus gros salaires de la SACEM touchent en moyenne de 364.000 €/an ! !
Je n’ai pas pour habitude d’écrire des articles polémiques, vous le savez, si vous me lisez régulièrement. Mais parfois, il est bon de participer au bruit médiatique, pour dénoncer des situations difficilement acceptables.
http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-04-10/revenus-comment-la-sacem-se-goinfre/1253/0/442942
Lorsque je découvre ces chiffres, me viennent à l’esprit deux situations caractéristiques de ce que vous avez sans doute, vous aussi, déjà vécu.
Un musicien américain avec lequel je travaille me demande, il y a quelques temps, de l’accompagner à la SACEM, car au cours des deux dernières années, il a joué de nombreuses fois en France, a participé à plusieurs émissions de radios, a été en playlist, multi diffusé sur des chaînes du câble… Pas une grosse vedette, certes, mais tout de même. A chacune de ses prestations il fallait remplir les différents documents relatifs à la SACEM, ses chansons étant écrites par une auteur française, il semblait tomber sous le sens que de les déposer dans son propre pays (ce qui d’ailleurs ne posa jamais de problème).
Lors de notre visite chez les collecteurs, documents officiels dans un beau dossier, on nous expliqua qu’on ne trouvait aucune trace des passages de cet artiste sur nos ondes et par conséquent aucun centime ne pourrait lui être versé. On nous conseilla de ne plus nous déplacer et de faire les démarches par téléphone. C’est ce que naïvement nous fîmes. Avez-vous déjà entendu un téléphone sonner dans le vide pendant des jours et des jours, sans jamais personne qui décroche ?
Le deuxième exemple me vient d’une amie qui tient un café restaurant dans Paris. Dès son ouverture, alors qu’aucun client n’avait franchi le pas de sa porte, elle avait déjà dû faire un chèque à la SACEM pour avoir le droit diffuser de la musique dans son établissement. Je précise de suite que je trouve cela tout à fait normal. La machine fonctionne bien d’un coté.
Les établissements collecteurs savent bien aller chercher l’argent là où il se trouve. En revanche, terriblement compliqué est le chemin qui mène l’artiste jusqu’au versement de son dû.
Qu’une entreprise gagne de l’argent, même beaucoup d’argent, ne me choque pas outre mesure, si elle se trouve sur un secteur concurrentiel fort et faisant courir de gros risques à ses investisseurs. Mais lorsqu’il s’agît de se baisser pour ramasser les cotisations, sans reverser équitablement à ceux à qui cet écot revient, me semble peu honnête.
Nous savons tous aujourd’hui que l’industrie musicale a fondu de 50 % en quelques années. Que les revenus des dirigeants de ces sociétés augmentent fait preuve d’un cynisme à nul autre pareil. Les auteurs compositeurs touchent de moins en moins et les patrons de plus en plus. Cela s’appelle un hiatus, non ? Malheureusement, nous n’entendons jamais personne se plaindre ouvertement dans les médias de cette situation.
Tant que vous ne serez pas diffusés, à de nombreuses reprises, sur les grands et gros réseaux nationaux (TF1, NRJ, M6, Fun…) n’espérez pas vivre de vos revenus SACEM. Tant que vous n’aurez pas une personne introduite dans la place, capable de vous aider à fouiller dans la paperasse institutionnelle, vous n’aurez que très peu de chance de récupérer un Kopek de vos diverses prestations.
Continuez tout de même de remplir tous les documents vous ouvrant des droits, car on ne sait jamais, un jour peut-être lorsque vous serez d’énormes vedettes, vous pourrez faire valoir ces papiers.
Bonne semaine.
Olivier
www.oliviervadrot.com
Publié le Lundi 12 avril 2010 par Olivier
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Comment émerger d’un océan bien Net
Chers amis,
Un des points positifs du blog, que je tiens depuis maintenant un peu plus d’un an, est qu’il m’a permis d’entrer en contact avec des musiciens, mais également et à ma grande surprise avec des étudiants en communication qui m’ont gentiment demandé de bien vouloir répondre à leurs questions, ce que je me suis empressé de faire, car moi aussi lorsque j’étais plus jeune j’aurais apprécié qu’un aîné prenne du temps pour m’éclairer quelque peu sur ce monde merveilleux qu’est le show business.
J’ai reçu il y a peu le mémoire d’une de ces jeunes demoiselles. A la lecture de son travail, par ailleurs de grande qualité, j’y ai relevé un point qui confirme ce que je pressens depuis longtemps, mais qui m’effraie également pour toute la jeunesse qui souhaite vivre de son art.
Internet aujourd’hui a pris une place prépondérante dans la présentation, la diffusion, voire même la sélection des nouveautés. Je ne me plaindrai certainement pas cette évolution technologique qui fait de chacun de nous une vedette en puissance. Plus personne de nos jours ne peut se revendiquer être un nouveau Van Gogh. Vous peignez, vous sculpter, vous composer, vous créez, en quelques clics vous vous retrouvez sur le marché mondial avec la possibilité d’être vu, entendu et découvert à l’autre bout de la planète.
C’est justement ce vide abyssal qui m’inquiète pour vous. Par le passé, la sélection des artistes se faisait quasi naturellement, par élimination spontanée. Vous aviez une chanson, mais pas de magnétophone pour en faire une maquette, aucune chance d’être entendu des labels. Vous possédiez le matériel, encore fallait-il savoir où envoyer votre travail, à qui l’adresser, être sûr que celui-ci arriverait bien sur le bureau de la personne en question, attendre un retour, une lettre “Après avoir écouté attentivement votre maquette, nous sommes au regret de vous annoncer que vous ne correspondez pas à la ligne éditoriale de notre maison et bla bla bla…”, si ou vous étiez retenu, il fallait monter à la capitale et ainsi de suite… Seuls ceux ou presque qui faisaient le pied de grue devant les portes des directeurs artistiques finissaient pas obtenir un rendez-vous, cela ne voulait pas dire avoir un contrat, mais déjà entrer dans le bureau d’un responsable de maison de disque était un résultat tout à fait enviable.
Aujourd’hui en France, on ne compte pas moins de 150 000 pages Myspace Music !
Ne vous sentez-vous pas un peu perdu dans ce maelström ? Comment faire émerger de nouveau talents dans cet océan sans fond ? Qui peut avoir la capacité, la connaissance, la suffisance même, de pouvoir dire : « Cet artiste est vraiment bien, quant à celui-ci, je ne préfère pas me prononcer. A mon avis il n’ira pas bien loin. »
Je vois, je suis, depuis plusieurs années des chanteuses et des chanteurs, sur le net. Je regarde leur actualité, les salles de concert dans lesquelles ils jouent, les festivals auxquels ils participent, les radios qui les reçoivent, les magazines qui offrent des interviews (contre un peu d’achat d’espace publicitaire. Hein ? mais non je n’ai rien dit). Parfois je suis agréablement surpris, parfois je ne comprends pas les choix des médias.
Je mesure, après quelques années passées aux cotés de jeunes chanteurs, à quel point la différence ne se fait pas complètement sur la qualité des produits, mais aussi et surtout sur la capacité d’un artiste à résister aux pressions du temps, à ne pas baisser les bras, à ne pas abdiquer face au découragement que peut induire la défection d’un musicien ou d’un sponsor, aux jours qui s’écoulent entraînant avec eux leurs lots d’impératifs matériels auxquels il faut faire face.
Quoi qu’il en soit, il faut du temps pour sortir la tête de l’eau. Paris ne s’est pas fait en un jour, un artiste ne se fabrique pas en jetant des notes sur un site web, en attendant que le temps passe et qu’une bonne âme se charge de faire de lui une vedette. Ce point de vue, souvent défendu par les plus mauvais d’entre vous parfois, n’appartient qu’au monde des fadaises.
Ne misez pas tout sur le Net. Ce canal ne reste qu’un outil, puissant certes, mais un outil tout de même parmi tant d’autres pour mettre en avant votre travail. Il n’est pas la clé de tout.
Ce que je dis pour la musique vaut également pour mes écrits. Il y a 10 ans, jamais je n’aurais pu partager mes points de vue et opinions avec vous, sans le Net. Il m’aurait fallu taper aux portes des journaux, des magazines, des fanzines, des feuilles de choux, pour peut-être trouver une oreille attentive. A présent, seuls mes lecteurs sont à même de m’inciter à continuer. Sans eux, plus de blog et un blog sans lecteurs c’est un peu un chanteur sans auditeurs. Il n’existe pas.
La France est le pays qui possède le plus de blogs par habitant. J’accepte donc le fait d’être, à l’instar de ceux que je défends, noyé dans la masse.
Peut-être faudrait-il que, chacun à notre manière, nous trouvions d’autres moyens de faire parler de nous ?
Bonne semaine.
Olivier
www.oliviervadrot.com
Publié le Lundi 5 avril 2010 par Olivier
Ou
Que restera-t-il de rien ??
Chers amis,
Je rentre de plusieurs jours de tournée, au cours desquels j’ai eu le grand bonheur de découvrir quelques Zénith français. Le spectacle “Âge tendre”, que je suis, n’est fait que de bonheur et de joie. Je souhaite vraiment à chacun de pouvoir vivre un jour, le rêve que vous portez en vous. Il est communément admis de dire qu’un fantasme ne doit jamais se réaliser, car bien souvent la réalité est en deçà de l’image que l’on s’est fabriquée. Pour ce qui me concerne, c’est bien le contraire. Mon rêve était bien loin de ce que je vis actuellement, pour mon plus grand bonheur.
L’article de cette semaine porte sur la transmission des connaissances.
En arrivant chez moi samedi matin, j’ouvre ma boite mail et lis le courrier arrivé dans la nuit. Un de ces messages m’annonçait que le dernier disque de Damien Saez était déjà en vente et que je pouvais visualiser le clip sur tel site. Comme j’apprécie cet artiste, je me suis empressé de cliquer sur le lien et de découvrir les images de « J’accuse », son nouveau single. Juste à côté de l’écran était écrit « Pour télécharger l’album, cliquez ici ». Un instant j’ai hésité et finalement n’ai pas acheté en ligne. Pourquoi ? Je possède tous ses disques physiques et ne trouvais pas élégant d’un seul coup de n’avoir plus que des fichiers numériques dans un ordinateur.
Lors de la sortie du troisième album de Saez : « Debie », je promenais ce CD sur toutes les platines de la maison et de la voiture. Ce disque était devenu, l’espace de quelques semaines, le plus important de la discothèque familiale. Nous prenions du plaisir à en décortiquer le livret, lire les paroles des chansons, apprécier la qualité des photos, à regarder le DVD qui l’accompagnait ou tout simplement à toucher le boîtier.
Si aujourd’hui je télécharge 10 titres et que ceux-ci son mélangés à des centaines d’autres dans ma playlist, est-ce que cela n’aura pas tendance à uniformiser ma discothèque ? La dématérialisation affadit le plaisir. Ecouter de la musique c’est autant un bonheur auditif que visuel, que tactile.
Il m’est déjà arrivé d’entrer chez des gens et de remarquer qu’il n’y avait aucun livre, aucun disque, aucune trace de culture dans les pièces de l’appartement. Cette sensation m’a mis mal à l’aise. Ces gens étaient-ils pauvres culturellement ? Je n’ai pas la réponse à cette question, mais ce que je sais, c’est que lorsque vous avez à portée de main des livres, des films, des disques, votre corps et votre esprit travaillent plus et mieux que lorsque vous devez dire à un enfant : « Tu veux écouter les Stones ? Va sur deezer ». Je n’ai pas le moyen de le prouver, mais je sais que le rapport à la culture n’est pas du tout le même que l’on soit face à une œuvre physique ou face à un ordinateur.
Si vous fréquentez les musées, je suis certain que vous comprenez ce que je veux dire. Pour les parisiens qui me lisent, je vous invite à aller faire un tour au Palais de Tokyo et d’y regarder attentivement les peintures de Modigliani. La taille, les couleurs, les nuances que vous y trouverez ne vous seraient pas apparues sur l’écran du dernier mac. J’en suis certain.
Compte tenu de ces réflexions, je me demande à l’heure où le disque physique est quasiment donné pour mort, ce que nous pourrons donner en héritage à nos enfants ? Bien entendu l’accès illimité à des catalogues musicaux donne la possibilité d’écouter et de découvrir une quantité infinie d’œuvres, mais est-ce vraiment en ayant l’opportunité de gaver nos oreilles de sons que celle-ci se forme ?
Une petite anecdote, concernant le téléchargement pour finir. Je côtoie depuis quelques semaines, Jean Lahcène, producteur de nombreux titres qui ont connu de gros succès commerciaux, avec Bonnie Tyler par exemple. Aujourd’hui, il est l’heureux réalisateur d’un titre qui est entré en diffusion sur Fun radio. Ce morceau est bien entendu téléchargeable depuis toutes les plates formes officielles. Il était tout content de me dire qu’en deux semaines d’exploitation, il avait eu environ 700 download.
Je me suis permis de faire un rapide calcul. A 0,99 € la chanson, moins toutes les parts qu’il faut rétrocéder aux différents intervenants, il doit rester dans sa poche à peu près 0,20 €. C’est-à -dire que ses 700 téléchargements vont lui rapporter à peu près 150 € ! Si cela fait encore rêver, alors je n’y comprends plus rien…
Un jour je pense que nous offrirons à nos descendants une clé USB sur laquelle nous serons fiers de pouvoir dire : « Tiens, sur ce support, tu as les 500 disques les plus importants de l’histoire de la musique, les 1000 livres à avoir lus et les quelques 5000 œuvres picturales à connaître ». Le tout sur quelques dizaines de grammes.
Allez, je cours dans un magasin acheter le dernier disque de Saez et vous dirai ce que j’en pense dans un prochain article.
Bonne semaine.
Olivier
www.oliviervadrot.com.
Publié le Lundi 8 mars 2010 par Olivier
Ou
Si vous voulez un trophée, signez dans une major
Chers amis,
Je viens de vivre une semaine extraordinaire. Je ne sais si cela vous est déjà arrivé, mais lorsque votre rêve devient réalité, vous ressentez un sentiment extrêmement fort de plaisir et de joie. Depuis mon plus jeune âge, je souhaitais travailler aux cotés d’artistes, de chanteurs, être dans les coulisses, sur des plateaux de télé, dans des studios de radio… Voilà donc ce qui a été mon quotidien ces derniers jours.
Quel que soit le but que vous souhaitiez atteindre, je ne peux que vous encourager à le poursuivre. A force d’acharnement et de volonté, parfois avec un peu de chance (mais ça, je n’y crois pas trop, car il me semble que celle-ci nous la créons nous-même. J’y reviendrai un autre jour), on finit par arriver là où l’on veut aller.
Je vous engage à ne pas attendre d’être parvenu au sommet pour fêter vos réussites. C’est en célébrant chaque étape franchie, que l’on crée l’énergie qui propulse sur le palier suivant. Tout comme l’écrivait Molière pour Dom Juan « Y voir chaque jour les petits progrès que l’on fait ».
Il se trouve donc que cette semaine, je suis parti sur la nouvelle tournée du spectacle « Âge tendre ». Je vous entends d’ici rire de ce rire narquois et moqueur. Je vous arrête de suite. Le show qui est donné est d’une très grande qualité et ne souffre d’aucune critique. Pour être tout à fait honnête (et il faut l’être), je ne cautionne pas tous les chanteurs de ce plateau, ayant des préférences artistiques, mais cela ne regarde que mon goût personnel et je ne me permettrai pas d’émettre quelques remarques en place publique, à travers cet article.
Une polémique est née il y a quelques jours, car comme le savez et l’avez certainement suivi, le programme des Victoires de la musique diffusé samedi dernier, n’a pas laissé de place à certaines catégories. Michel Algay, le producteur « d’Âge tendre », ne veut pas à tout prix recevoir un trophée. Deux millions de spectateurs en 4 ans de tournée, c’est plutôt une belle récompense et cela lui suffit d’obtenir les suffrages du public.
Le problème qui est soulevé, c’est l’impartialité des décideurs et la probité avec laquelle sont décernées ces sculptures.
Il faut pour bien comprendre avoir quelques éléments qui peuvent échapper au public. Le comité des « Victoires de la musique » est une association qui vit principalement de l’argent qui est versé par les majors. De ces dons, des gens tirent des salaires. Tout travail mérite salaire, d’accord, mais certaines rentes me semblent douteuses.
En termes claires, si je suis payé par Sony et Universal, puis-je décemment donner une récompense à un album produit par un label indépendant et uniquement distribué par internet ?
De plus le producteur de l’émission télévisée est Nagui. Vous aurez remarqué que tous les extraits de présentation des chanteurs nominnés sont issus de Taratata… Il faut savoir parfois se faire de la publicité à peu de frais.
Les Victoires de la musique, ne sont vraiment que celles d’une certaine musique, plutôt bien appréciée dans le milieu très parisianiste de soirées branchouilles et Bo-bo, tendance France Inter et Télérama. Je dis cela en connaissance de cause, j’écoute France Inter. Ce qui est le plus gênant, ce n’est pas que Biolay ou Ruiz soient récompensés, au contraire, leur travail mérite d’être reconnu, quant à l’album d’Izia, celui-ci est tout simplement excellent, non ce qui me dérange c’est la permanente opposition qu’il faudrait faire entre la chanson « Intello » et la chanson « populo ». Pourquoi vouloir sans cesse diviser plutôt que rassembler ?
Il me semble que le coeur même de l’art (même s’il est mineur) c’est la création d’émotion. Si une chanson, d’oû qu’elle vienne, quels qu’en soient les auteurs et compositeurs, vous donnent le frisson, alors c’est une bonne chanson. Je peux vous assurer que lorsque j’entends certains titres de Damien Saez, Alain Bashung ou Jacques Higelin, je suis ému de la même manière que lorsque je vois sur scène Charles Dumont ou Isabelle Aubret. C’est juste une question d’alchimie musicale. Une belle mélodie, un beau texte et la magie opère.
Pour résumer, si vous rêvez de remporter un jour une récompense, prévoyez d’intégrer d’abord une major, d’avoir un plan promo avec beaucoup de zéro et de passer dans les meilleurs programmes musicaux. A ce moment-là vous aurez des chances. Sinon, continuez d’écrire, de composer et de chanter face à votre public, lorsque vous recevrez leurs applaudissements et leurs bravos, ce sera alors votre plus belle victoire.
Bonne semaine.
Olivier
www.oliviervadrot.com



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