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Show must go on ! !

Publié le Lundi 11 octobre 2010 par admin  


Show must go on ! !

Ou

Quel prix vaut vraiment un artiste ?

Chers amis,

Le monde du show business est la pure représentation de l’aléatoire. Est-ce bien utile d’employer un doux euphémisme ? Comme vous le savez, un jour tout vous sourit et puis, pendant de longues semaines plus rien ne va. Il faut s’accrocher, se battre, y croire. Comme le disait Churchill « We’ll never surender ». Non, ne jamais capituler !

Alors que je mettais une énergie folle, ces dernières semaines, à placer des spectacles chez les différents diffuseurs avec lesquels je suis en relation, aucune prestation n’était encore validée. Et puis tout à coup, vendredi j’ai reçu 3 réponses positives ! Deux dates pour Murray Head et une autre pour « The lost fingers », groupe québécois qui customise les tubes des années 80 en jazz manouche. Une vraie merveille.

Ces bonnes nouvelles, me permirent, vous l’imaginez, de passer un excellent week-end.

J’ai également beaucoup réfléchi à la valeur d’un artiste. Au cours des négociations, nous sommes amenés à manier des sommes qui peuvent parfois sembler indécentes, au regard de la crise économique dans laquelle notre pays est plongée et de la difficulté à vivre de nombre de nos concitoyens.

Comment se définit le prix de vente d’un spectacle ? Tout d’abord, il y a l’artiste, la vedette. Quelle est sa notoriété ? Tourne-t-elle beaucoup ? Quelle est sa capacité à fédérer un public ? Puis, il faut regarder le coût du plateau. Combien de musiciens ? Y a-t-il un décor (ça arrive) ? les transports et l’hébergement sont-ils compris ? De questions de producteur, en somme.

L’été dernier, un de mes amis rompu à l’exercice, avait organisé un show avec un chanteur célèbre des années 80. La courtoisie ne m’autorise pas à livrer son nom. Le concert était donné dans de belles arènes du sud de la France. La capacité d’accueil était en gros de 1000 personnes. Le prix des places à moins de 20 €. Combien pensez-vous que de tickets ont été vendus ? A peine plus d’une centaine ! ! A l’aide de subterfuges et stratagèmes bien connus du métier, l’enceinte fut pleine à craquer et les spectateurs contents de leur soirée. Quant au producteur, cette soirée lui restera en travers du compte en banque.

L’explication de ce bouillon financier est du aux prétentions démesurées de l’artiste. Lorsque des chanteurs ont connu une heure de gloire dans leur carrière et ont pu se vendre à des prix très élevés, ils ne comprennent pas, du moins pas tous, qu’à un moment ils ne valent plus le prix d’antan. Du reste, les acheteurs aujourd’hui, n’ont plus les mêmes « enveloppes » que par le passé. Les décideurs ne sont plus aussi généreux et certains spectacles doivent être « soldés » pour figurer dans les programmations.

Lorsque l’on est auteur-compositeur et interprète de ses propres chansons, on peut se permettre de ne pas faire beaucoup de scène. Nicolas Peyrac me confiait que ses tubes des années 70, lui permettait « de payer le loyer depuis 30 ans. Alors un concert de plus ou de moins… » Mais cette chance n’est pas donnée à tout le monde, surtout lorsque l’on débute.

Les premiers concerts qu’un jeune artiste donnera, seront bien souvent payés derrière un comptoir de bistrot, avec bières et steak frites en supplément. Mais, une fois que vous aurez franchi l’étape la plus ingrate et pourtant tellement formatrice des sombres estaminets à l’intérieur desquels vous jouerez pour un pilier et la femme du patron qui pense encore que Patrick Bruel est un chanteur de Rock’n roll, il vous faudra vous adapter au marché.

Si vous avez une petite notoriété, car un de vos single passe en radio et que vous êtes suivi sur le net par un nombre conséquent de fans qui se déplacent à chacun de vos concerts, alors vous pouvez prétendre à un cachet raisonnablement supérieur au minimum syndical. Sinon, n’espérez pas prendre un gros chèque. Ni les programmateurs, ni les spectateurs ne sont assez sots pour payer plus que de raison.

J’ai déjà eu des échanges avec des artistes totalement inconnus, qui me demandaient de les « vendre » à plus de mille euros la prestation. J’ai tenté le coup, pour l’expérience, une fois. J’ai tout se suite compris. Lorsque le programmateur à l’autre bout du fil m’a fait la liste des chanteurs possédant déjà un « petit nom» qu’il pouvait recevoir pour ce prix là ou à peu de chose près, je n’ai pas insisté.

Il n’y a pas que les mots et la musique qui font la valeur d’un chanteur, il y a toute la machine économique qui tourne autour. Si demain, vous faites travailler toute une entreprise grâce à votre nom, vous pourrez alors vous permettre de demander de gros cachets. Mais tant que vous tournerez dans de petits lieux en présence d’un public fidèle certes, mais confidentiel, il faudra faire preuve d’humilité et accepter de prendre l’équivalent de ce que vous valez. Même si c’est peu, ce sera déjà bien. Il y a tellement d’artistes qui voudraient bien faire entrer quelques centimes dans leur chapeau. Si c’est dans le votre que cela tombe, je dis bravo !

Bonne semaine.

Olivier

Blog music business : www.oliviervadrot.com