My ZicMeUp Hits Artistes Concerts Concours Blog Métiers Services
A A

La question ! !

Publié le Lundi 4 octobre 2010 par admin  


La question ! !

Ou

Comment répondre aux trois questions qu’un D.A vous posera

Chers amis,

J’ai eu la chance, au cours de la semaine qui vient de s’achever, de rencontrer de nombreuses personnes, toutes issues de milieux professionnels différents. A chaque fois, ce fut le même plaisir. J’apprends autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de mon cercle de compétences. Mon réseau de contacts s’enrichit et le champ des possibles devient de plus en plus large. Je suis persuadé que ce tissu « d’amis » réels ou virtuels ne m’apportera que de bonnes choses.

Je vous invite aujourd’hui, chanteuses, chanteurs, auteurs, compositeurs, à vous poser les 3 questions récurrentes, que l’on entend en permanence dans les maisons de disques et auxquelles vous ne pourrez pas échapper : Qui êtes-vous ? Pour qui chantez-vous ? Avez-vous un tube ?

Reprenons. Vous, votre producteur ou un de vos amis qui serait lui-même copain avec un D.A, obtenez un rendez-vous dans un gros label. C’est la joie ! Enfin, je vais pouvoir présenter mon travail à un vrai professionnel, pensez-vous.

C’est avec un stress énorme et une boule grosse comme ça que vous vous présentez face à celui qui fera de vous une vedette. Enfin, peut-être pas tout de suite. Attendons un peu. Le monsieur qui vous reçoit est très pressé, il n’a que très peu de temps à vous accorder. Considérez que c’est quasiment une faveur qu’il vous fait que de prendre 5 minutes sur un planning hyper chargé.

Dans votre sac, vous avez une copie du CD 5 titres enregistrés avec de gros moyens et pour lequel vous avez dû emprunter quelques euros à votre famille ou taper dans vos économies. Vous sortez l’objet et le posez sur le bureau. Sans même y jeter un regard distrait et encore moins une oreille attentive, vous entendrez la première question : Qui êtes-vous ? Vous devez être capable de répondre précisément à cette demande. Si vous-même ne savez pas bien si vous êtes gothique, chanteur de variété ou rockeur, voire tout ça à la fois, vous êtes mal parti. Pensez en amont à « Qui suis-je quand je suis sur scène ?» Il faut que vous puissiez raconter votre « histoire », décrire votre univers. Ayez au moins une dominante forte dans votre personnalité artistique. « Je suis un chanteur de soul, dont les textes sont inspirés par la poésie du moyen-âge », « je suis un rappeur qui se bat pour la reconnaissance des droits de la femme ».

Puis viendra le corollaire de la démonstration précédente : « A qui s’adresse vos chanson ? » Répondre « A tout le monde », n’est pas forcément la meilleure des réparties à avoir. En maison de disques on parle de « cible », pas de « public ». Vous vous adressez à des jeunes filles de douze à dix-huit ans ou à de jeunes adultes d’une vingtaine d’années ou à des séniors, en mal de nostalgie et de chansons bien écrites et chantées comme avant, quand c’était mieux. Plus vous serez capable de définir votre auditoire, plus vous ferez gagner du temps à votre interlocuteur. Lui saura par son expérience si le but que vous cherchez à atteindre est réalisable ou non. Ceci avec des outils simples et pragmatiques. Vous souhaitez faire du R’n B pour personnes âgées ? Ok, on déjà essayé. Gros investissement, aucune rentabilité à l’arrivée. Au revoir monsieur.

Dernier point et non des moindres, avez-vous un tube, dans ce que vous nous proposez ? Si, sur vos cinq chansons, vous n’en avez aucune qui après une seule écoute ne reste dans l’oreille, vous pouvez passer votre chemin. Aujourd’hui, les majors cherchent en priorité à gagner le plus d’argent possible, le plus rapidement possible. Aussi, si votre projet artistique doit prendre des années pour se développer et éclater au bout du 5ème album, vous aurez beaucoup de mal à trouver une signature. Il faut au minimum avoir un, sinon deux titres très forts dans votre besace, sans quoi vous ne passerez pas à travers les mailles du filet.

Je me souviens d’une rencontre avec un producteur américain au Midem. Avant même que je parle de l’artiste que je défendais, en présentant son dernier album, j’entendis « C’est laquelle la hit song ? ». Alors inexpérimenté, je lui répondis que je laissais à son appréciation le choix de la chanson qui deviendrait Le Tube. Il prit mon disque, me donna sa carte et en bon américain une vraie accolade bien viril et ce fut tout…

Aujourd’hui, en ces temps difficiles, l’industrie musicale, n’a jamais aussi bien portée son nom. Elle cherche de moins en moins à construire dans le temps. Il lui faut frapper fort et en quelques semaines, voire quelques mois tout au plus, faire qu’un artiste devienne rentable !

On pourra me dire que ces moyens sont abjects et finalement ne laissent que peu de place à l’art et à l’humain. Souvenez-vous lorsque Bertrand Cantat interpelait son patron de l’époque Jean-Marie Messier : « Nous vivons sur la même planète, mais ne sommes pas du même monde ! », C’est vrai, mais malheureusement c’est ainsi.

Bonne semaine.

Olivier