Publié le Lundi 24 mai 2010 par Olivier
T’as le look Coco ! !
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Comment un concept esthétique détrône un concept artistique
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Chers amis,
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Est-ce l’arrivée tardive, mais bien réelle, d’un temps estival qui fait éclore les bonnes nouvelles, comme s’ouvrent les fleurs ? Il est bon de la croire. Alors que je compulsais le rapport trimestriel édité par le SNEP, je découvris que, pour la première fois depuis 2005, les ventes globales de musiques enregistrées ont augmenté de 8 % ! ! ! Oui, vous avez bien lu, 8 %. Ce chiffre possède en réalité plusieurs lignes. Si le marché de single poursuit sa chute (- 16 %), les albums et DVD ont connu une belle progression respective de + 4 %  et + 8,7 %. Le téléchargement connaît également un beau début d’année. Si la téléphonie mobile perd du terrain (- 21,8 %), les achats en ligne (+ 50,5 %) , le streaming (+ 100 %) et les abonnements aux diverses plateformes (+26,9 %) permettent dans l’ensemble d’obtenir un beau score de presque 30 % d’augmentation par rapport à l’an passé.
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Tout ceci est à surveiller de près, bien évidemment. Le rapport du deuxième trimestre sera riche d’enseignements. Avons-nous affaire à un épi phénomène ou est-ce un retournement du marché ? A suivre…
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Cette semaine je voudrais vous parler d’un aspect particulier qui me semble parfois prendre le dessus sur l’artistique pur. Le concept !
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Il y a actuellement en France, et à priori partout dans le monde, un effet Lady Gaga. Je ne connais pas du tout les chansons et la musique de cette personne. Toutefois, j’entends régulièrement parler autour de sa jeune carrière, des experts en communication, des publicitaires, des journalistes, des fans, des créateurs de mode… Tous s’accordent à évoquer le look, les vidéos, les interviews, les reportages papier, les apparitions télévisuelles, mais presque personne ne parle du contenu. Seuls les aspects extérieurs semblent attirer l’attention et faire tourner les moulins à paroles.
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Outre le fait que cette charmante demoiselle possède une plastique irréprochable et une voix pas désagréable du tout, je demeure sceptique quant à son succès sur le long terme. D’autres avant elle ont su apparaître et se faire un nom via un « personnage », je pense en particulier à David Bowie et son célèbre Ziggy Stardust.
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Peut-on sérieusement exister  à travers un concept ? Alors que la plupart des artistes attendent des critiques et des retours sur ce qu’ils sont (textes, chant, mélodie, arrangements…), nous sommes en présence, avec ce phénomène, d’une désincarnation du succès. Ce n’est plus la chanteuse en tant que telle qui est au centre des discussions, mais tout ce qui tourne autour d’elle. Je n’entends que très peu de critiques artistiques. On dit que son style se situe entre Madonna et Mylène Farmer. Je n’ai pas suffisamment de connaissance pour juger. Mais lorsque ce type de constatation passe à l’arrière plan, on peut sérieusement se poser la question du bien fondé d’une telle démarche. Ne sommes-nous pas face à un pur produit marketing qui se moque de ce que le pot contient et qui s’attache davantage à l’emballage ?
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Ce qui est le plus inquiétant, c’est que ce discours est de plus en plus répandu dans le milieu du disque. Aujourd’hui, si j’ai bien entendu certains propos, si vous n’arrivez pas avec un « concept » dans votre poche, vous n’aurez que peu de chances d’attirer l’attention sur vous ! Un disque ? Mais qu’est-ce que c’est un disque ? 12 chansons et après ?
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Soan, vainqueur de la Nouvelle Star, l’an passé, l’a-t-il emporté sur son simple talent d’interprétation ou est-ce un mix de look, de propos et de provocation ? Sans doute un peu de tout ça. Je vous invite donc à creuser votre univers. Non pas jusqu’à vous identifier à l’un ou l’autre des artistes cités aujourd’hui, mais tout comme une chanson n’est pas terminée tant que l’on n’en a pas fait le tour, une personnalité se cherche et se travaille en permanence. Il semble urgent de nos jours de s’intéresser tout autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
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Je vous rassure, on peut très bien réussir sans outrance. Il y a d’ailleurs même parfois des surprises. Souvenez-vous d’Alain Souchon débarquant sur les ondes des années 70, en s’excusant presque de venir nous déranger avec sa chansonnette. Voyez la carrière qu’il a réussie à bâtir, malgré cette quasi absence de charisme.
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Une oeuvre se juge sur le temps. Lady Gaga sera-t-elle encore présente dans dix, quinze ou vingt ans ? Soan fera-t-il naître encore les polémiques dans 3 mois ? Je vous propose d’en reparler le moment venu.
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Bonne semaine.
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Olivier
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Publié le Mercredi 19 mai 2010 par sebastien
La 3ème édition du Tremplin n°1 du web organisé par ZicMeUp ayant débuté le 6 Janvier se clôturera lors de la Grande Finale qui aura lieu à Paris le Dimanche 13 juin.
Pour l’occasion, c’est l’Alhambra, « Scène de toutes les musiques », qui accueillera les 32 finalistes sélectionnés lors des 24 étapes précédentes par les votes du public et les notes de la Team ZicMeUp, sur le site et en Live.
Un cadre prestigieux pour l’évènement de cette première partie de l’année sur ZicMeUp : tous les styles, toutes les régions seront représentés, les artistes et groupes donneront le meilleur d’eux-mêmes devant le public et le jury de professionnels au grand complet !
Alors, n’hésitez pas à soutenir vos artistes préférés pour leur permettre d’accéder à cette scène de renom et de gagner les nombreuses dotations mises en jeu. Ils comptent sur vous !
Publié le Lundi 17 mai 2010 par Olivier
Frankenstein ! !
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Comment les chercheurs se sont piégés eux-mêmes
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Chers amis,
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Le temps est tellement triste et désespérant que pour me dégourdir les neurones, je me suis amusé ce week-end à ouvrir un livre d’initiation à la langue latine. Ayant quelques restes de mes années de lycées je redécouvrais avec plaisir ces locutions aujourd’hui disparues. Une d’elles attira tout particulièrement mon attention « Disco ». La traduction me fit pâlir : « Apprendre ». J’étais bien loin d’imaginer que cette racine avait pu donner des dérivées qui finiraient par arriver dans nos oreilles sous forme de disque.
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« Apprendre » donc. C’est ce que je fis au cours de ce long week-end qui n’en finissait pas de s’étirer. J’ai acheté un livre intitulé « La crise du disque » (ed Les carnets de l’info). Cet ouvrage fourmille d’explications sur ce que nous vivons actuellement. Cette crise qui dure et dont personne n’est capable, à ce jour, d’en entrevoir la fin.
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Mais avant de voir le bout du tunnel, il est intéressant de faire un tout petit peu d’histoire, en remontant, pas si loin que ça, dans le temps.
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Le développement du format CD date de la fin des années 70 et fait son apparition au début des années 80. Tout le monde était heureux. Voilà enfin le produit dont on avait besoin : Petit, léger, et surtout inusable. Finis les rayures et craquements. Un son parfait allait couler dans nos oreilles et pour longtemps.
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Oui, mais voilà , à la même époque l’informatique se développe. Les disques durs avaient des capacités de stockage proche de la taille du cerveau de poule. Il fallait donc augmenter la taille des mémoires, mais également trouver une formule pour comprimer au maximum les informations, afin qu’elles transitent en masse dans les tuyaux et nous arrivent sans perte dans nos nouveaux computers.
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Pour cela un consortium a été créé dans les années 90 : MPEG (Moving Picture Expert Group). Des industriels de l’électronique tels que Philips, Thomson, France Télecom ou TDF se mirent à chercher ensemble. Et c’est ainsi que naquit le format MP3. Un fichier audio pouvait être divisé par 10, sans aucune perte de qualité ou presque et voyager sur le réseau avec fluidité. Aucun de ses fameux chercheurs ne se doutaient qu’ils venaient de mettre au monde la créature qui allait en quelques années mettre à mal le cinéma et à genoux l’industrie du disque.
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Nous sommes avec cette découverte en présence du docteur Frankenstein. Le pauvre scientifique ne pensait pas que ses manipulations allaient donner un tel désastre.
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Les informaticiens grands et petits se sont emparés de cette nouvelle technologie et l’ont mise sur le réseau. En moins de temps qu’il n’en fallu pour les dénoncer, les sites et plateformes de peer to peer se sont développées, on se souvient tous de Napster et adieu les ventes de CD en masse, les chiffres d’affaires records et disques d’or à la pelle. Le gratuit devenait la norme et le pillage un jeu de société.
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Tout le monde était perdant, je parle de l’industrie de la musique, pas des fournisseurs d’accès à Internet ou des publicitaires. Les artistes voyaient les ventes de disques fondre comme neige au soleil et les maisons de disques leurs investissements sans retour. Je rappelle que le chiffre d’affaire global du monde musical a été divisé par 2 en moins de dix ans. Je vous invite à imaginer ce qu’il se passerait en France, si les industriels de l’automobile fermaient la moitié des usines. On serait proche d’une révolution.
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Que se passe-t-il aujourd’hui ? Comment faire pour rectifier le tir ? A vrai dire personne ne le sait vraiment. Les majors, afin de préserver des chiffres corrects à présenter à leurs actionnaires, permettent aux opérateurs web ou de téléphonie d’avoir accès à l’intégralité de leur catalogue. Pour cela les fournisseurs doivent payer des sommes considérables. Le produit de ces licences est-il bien redistribué aux ayants droits ? Les artistes d’Universal touchent-ils un pourcentage sur ces nouveaux modes de consommation de la musique ? Comment être certain de la véracité des chiffres de téléchargement ? Il y a tellement de sites sur lesquels on peut acheter de la musique. Et les nouveaux talents dans tout ça ? J’ai l’impression qu’ils sont un peu oubliés, non ?
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Albert Einstein savait les ravages que pourrait provoquer une bombe atomique. Les membres du MPEG n’en ont pas eu conscience à temps. Dommage.
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Je retourne « cogiter ». Face à tous ces problèmes, il y a de quoi en perdre son latin, n’est-ce pas ?
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Bonne semaine.
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Olivier
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www.oliviervadrot.com
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Publié le Lundi 10 mai 2010 par Olivier
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Comment participer à un concours avec un bon esprit
Chers amis,
L’exercice d’écriture pour blog est une activité qui à la longue s’apparente à de la production journalistique. La vie est cyclique et les événements nous ramènent parfois toujours au même point, au même moment. Tout comme nous avons le droit à nos articles sur les ventres plats et comment bronzer sans soleil avant de partir en vacances, j’ai également quelques marronniers dans mon tiroir. Cette semaine, je ne dérogerai pas à la règle et traiterai d’un sujet déjà essoré à plusieurs reprises, mais qu’importe, il faut frapper de nombreuses fois sur le clou afin qu’il s’enfonce correctement.
La semaine passée, comme tous les ans depuis trois ans, j’ai assisté, en tant que juré, à la sélection pour la finale régionale, du grand concours national, organisé par le site web Zicmeup « accélérateur de talents ».Â
Au-delà du fait de retrouver des amis que je ne vois que trop rarement, il nous a été donné d’entendre plus d’une soixantaine de jeunes artistes, tous désireux de remporter le titre qui leur ouvrira entre autre, les portes d’un studio professionnel et leur permettra ainsi d’enregistrer quelques titres dans des conditions techniques optimales.
Comme d’habitude dans ce type de concours, le meilleur côtoie le moins bon, mais cela fait partie du jeu… Une nouvelle fois deux points ont attiré mon attention. En premier lieu, je ne parviens toujours pas à m’expliquer le choix de certains concurrents. Lorsque l’on vous donne un espace d’expression il faut l’utiliser au maximum, en étant le plus efficace possible. Ne vous perdez pas en conjectures et en réflexions qui n’apporteront rien à votre prestation. Choisissez le titre le plus percutant de votre répertoire et foncez !
Un titre percutant ne veut pas dire obligatoirement « gros son », « hurlement dans le micro » ou « tenue en scène excentrique ». Non, cela veut dire « Titre interprété avec toute votre énergie, avec vos tripes ». Pour preuve, le premier jour, une jeune chanteuse s’est présentée avec son clavier et un percussionniste. Une bonne partie de la chanson a été chantée « A cappella ». Succès garanti. Elle est sélectionnée pour la finale. Il y avait une telle intensité dans son interprétation que l’ensemble du jury a craqué.
Il faut se préparer pour ces concours comme on se prépare pour n’importe quel concert. Des gens qui savent chanter, il y en a beaucoup. Des artistes qui peuvent être capables de vivre de leur art, il y en a très peu. Si vous voulez faire partie de ce petit cercle, il vous faut travailler. Le jour où vous vous présenterez sur le plateau, vous serez prêts et votre sélection ne souffrira aucune critique.
Le second point, qui m’a particulièrement mis en colère, est la mauvaise foi de quelque candidat, qui se pensant supérieur, mais n’étant pas sélectionné pour la finale a cru bon venir me demander des explications concernant son éviction. De prime abord je trouve cette démarche plutôt intelligente. Pourquoi ai-je échoué ? Cette question nous devrions tous l’avoir à l’esprit lorsque malheureusement nous ne parvenons pas à obtenir ce que nous voulons.
Mais voilà , après quelques minutes de discussion le ton interrogateur devient accusateur. Ce chanteur, vexé de son échec, a déversé son fiel sur le jugement de l’ensemble des membres du jury. Ce jeune homme remettait en cause notre capacité de jugement. « Comment pouvez-vous juger en quatre minutes ? », « Ha, vous avez le temps d’entendre si une chanson est bien écrite ou pas ! », « C’est quoi un critère objectif ? ». Je ne m’étendrai pas sur chaque point soulevé. Bien entendu il y a toujours de la subjectivité dans le jugement. L’art n’est pas de la mathématique. Je peux bien entendu commettre une erreur, mais lorsque les membres d’un même jury notent, sans concertation aucune, à peu de chose près de la même façon un candidat, les doutes quant à la prestation ne sont pas vraiment permis. Alors remettre en cause les votes…
Soyez bons perdants. Un concours ne veut rien dire. C’est un « one shot » qui se termine bien pour quelques-uns, qui se finit moins bien pour d’autres. Encore faudra-t-il que les vainqueurs d’hier aient la capacité à nous faire vibrer lors de la finale. Là , nous verrons ceux qui ont la capacité à devenir de vrais artistes.
Une carrière se construit dans le temps, sur le long, très long terme. Je n’aurai de cesse de rappeler que lorsque Jacques Brel participa à son premier concours de chant à Knokke-le-Zoute, il finit bon dernier.
Bonne semaine.
Olivier
Publié le Lundi 3 mai 2010 par Olivier
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Comment perdre bêtement des affaires
Chers amis,
J’ai repris cette semaine, la route. Cela faisait plus de trois semaines que j’étais sédentaire. Je commençais à avoir des fourmis dans les neurones. Un train m’amène jusqu’à La Rochelle et là je retrouve mes copains chanteurs et musiciens. Nous passons une nouvelle fois une journée de pur bonheur. Le bonheur c’est une drogue ! Ceux qui ont déjà vécu la vie de tournée comprendront de quoi je parle. Pour les autres, je ne peux que leur souhaiter vivement de connaître ces sensations le plus vite possible.
Mais la vie professionnelle n’est pas faite que de joie. Il m’arrive, comme à tout ceux qui travaillent en indépendant, de manquer des affaires. L’important est de savoir pourquoi on est passé à coté d’un contrat. Que c’est-il passé pour que je m’entende dire « non » ?
Comme je considère que l’échec fait partie du chemin à parcourir et que je ne veux pas donner l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, j’ai décidé aujourd’hui, de partager les deux expériences négatives rencontrées ces dernières semaines et d’en tirer les conséquences.
J’ai organisé début mars un concert pour Caroline Loeb, au Luxembourg. Je découvre quelques jours plus tard sur sa page facebook, qu’elle recherche une personne pour assurer sa régie sur certaines dates du mois de mai. Sachant ce que représentait cette tâche, je lui envoie un mail, lui proposant mes services. Il m’arrive parfois d’assurer ce job. Etant restée sur une bonne impression, de l’organisation que j’avais mise en place pour elle, je pensais que cela suffirait pour qu’elle me rappelle et que j’obtienne ce contrat. Il n’en fut rien. Quelqu’un d’autre l’accompagnera au cours de ses déplacements.
Que m’a-t-il manqué pour décrocher ce poste ? De décrocher mon téléphone ! Tout simplement. Ayant son numéro de portable, je n’avais qu’à l’appeler afin de lui proposer mes services. Mon appel aurait eu davantage d’impact que mon mail, j’en suis sûr. Cela ne m’aurait pas assuré d’une victoire, mais j’aurais eu bien plus de chances de la convaincre de vive voix. Le télémarketing est plus performant que l’emailing…
Autre exemple. Travaillant sur la tournée « Âge tendre et tête de bois », il m’arrive de recevoir des appels d’artistes qui me demandent directement ou indirectement de parler d’eux aux producteurs du spectacle. C’est ainsi que Charlotte Julian me téléphone début avril et me fait part de son envie de rejoindre la troupe. Je comprends à mots couverts qu’il lui serait agréable que je serve d’entremetteur. Je ne donne pas suite à notre conversation, pensant « j’en toucherai deux mots à Michel algay, à la Rochelle à la fin du mois. Il n’y a pas d’urgence ».
Vendredi, alors que je déjeunais en compagnie de Françoise, la femme de Michel, je lui glisse dans la conversation, la demande de Charlotte. Quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre me répondre : « Ho ! Mais c’est fait ! C’est signé pour Charlotte. Michel l’a rappelée il y a quelques jours ».
Si seulement j’avais téléphoné à Michel immédiatement après mon échange avec Charlotte, en lui proposant de l’intégrer à son plateau l’an prochain, je me serai mis en position de négociateur pour cette artiste. Mais j’ai tardé et l’affaire a été conclue directement entre la chanteuse et le producteur. Tant mieux pour elle. Tant pis pour moi…
Quel enseignement tirer de ces mésaventures ? Ne jamais hésiter à faire ce que l’on sait que l’on doit faire ! Si vous connaissez les tenants et les aboutissants d’une affaire, ne perdez pas votre temps à vous dire, je verrai ça demain. La nature a horreur du vide, dit-on. Je ne vous explique même pas ce qu’il en est dans le show business. Vous êtes là , on pense à vous, vous n’y êtes pas, un autre prendra votre place, c’est certain.
Bien entendu, après avoir lu cet article, ne vous précipitez pas sur n’importe quelle proposition sous prétexte de ne pas perdre l’affaire. Si cela se passait mal, je m’en sentirais coupable. Je veux simplement attirer votre attention sur le fait que parfois, il ne faut pas préjuger de ses capacités, de ses connaissances de ses contacts. Vous n’êtes jamais « le seul » dans la place. Si une opportunité s’offre à vous, mesurez-en bien toute la teneur. Peut-être pouvez-vous rendre réponse sur-le-champ, sans attendre.
Je me souviens d’un jour de l’été 2008. J’appelai Gérard Blanc car je venais de recevoir une proposition de gala. Bien qu’il eut déjà une option sur la date avancée, il me demanda de lui en dire plus. Après lui avoir présenté l’affaire je lui parlai des conditions financières. Celle-ci était un peu moins intéressante que la première offre. Toutefois, le promoteur était disposé à payer de suite l’intégralité du cachet. Dans l’instant Gérard accepta. Surpris par sa soudaine prise de décision, il me dit : « dans ce métier les choses vont tellement vite, sont tellement incertaine, que lorsqu’une bonne affaire se présente, il faut la saisir. Si je ne dis pas oui de suite, le promoteur appellera un autre artiste et ce gala nous passera sous le nez ».
Une nouvelle fois, ces anecdotes nous prouvent que le pragmatisme et la réactivité sont les moteurs d’une réussite quasi assurée.
Bonne semaine.
Olivier



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