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septembre 2010
Youssouf Karembé: L’artiste musicien venu des falaises de Bandiagara
Par Abissiri Fofana
• Réalisé à Metz
Youssouf Karembé est de la lignée des grands artistes malien. Son récit vient du fin fond de Bandiagara. Dans son repertoire, il révisite la richesse tradition Dogon, en bamabara, peul, , songhaï,, bobo et français. Découvrons le!
Attention, je m’engage sur un terrain miné! Dans le monde de la musique malienne: Riche, mystique, complexe et fascinant. C’est un récit sur Youssouf Karembe. Un récit venu de Bandiagara. Pardonnez moi si je me trompe. Pardonnez moi si ma plume en cours de route se ramollit, ma tâche est ardue, surtout, lorsque d’autres, avant nous ont écrit sur les Boubacar Traoré, Habib Koita ou Salif Keita ou Ali Farka Touré. Les grands noms de la musique de ce pays. Bref, je vais tremper ma plume pour vous conter Youssouf Karembé:
Youssouf Karembé fait son apprentissage de la musique dans les années 1990. En fait, il s’initie à la guitare. Puis devient danseur dans l’orchestre de la ville où il est né il y a trente sept ans. Toujours à Bandiagara, il s’essaie à la Bass dans les Echos de la Falaise. Et puis l’idée d’être autonome germe dans sa tête. Ainsi, il met de l’argent de côté pendant des années et s’achète ses propres instruments pour fonder son groupe «YURUGU». Mais l’aventure tourne court pour cause d’indiscipline au sein de la formation.
Il se rend alors à Mopti et rejoint l’orchestre communal SAGANSIRE comme guitariste. L’apprentissage du monde sans pitié du showbiz continue pour lui. Deux ans, après, il retourne dans sa ville natale pour affiner son style. Toutefois, comme dit le philosophe il n’y a rien de nouveau sous le soleil depuis Platon. Alors il s’inspire de SALIF KEITA, HABIB KOITA, LOBI TRAORE et autres. Sa musique est un mélange de sonorités traditionnelles Dogon plutôt mélancoliques à la frontière du blues, du jazz, et joyeuse avoisinant la pop et le zouk.
Toujours décidé à aller de l’avant, Youssouf KAREMBE part pendant cinq mois à la recherche de nouvelles harmonies. Muni d’un enregistreur digital, il collecte les chants traditionnels dans le village de Dini, sillonne les villages dogons; s’abreuve à la source du savoir des anciens en demandant l’interprétation et la traduction des chants traditionnels. Durant sa quête initiatique, il porte en bandoulière sa guitare comme une gourde pour se «désaltérer» les soirs de spleen.
Souvent dans ses pérégrinations, il rencontre des compositeurs interprètes comme Etienne Kéné et «boit» à la gourde de leur connaissance.
A la fin de son périple, il contacte les jeunes musiciens de sa ville natale de BANDIAGARA et forme un nouvel orchestre: le Kumo Band. Il développe une musique mandingue tirée du répertoire traditionnel dogon. Les paroles sont dites en dogon, en bambara, en peul, en songhaï, en bobo, et en français. Cela se passe en 2002.
«Toguna», le premier album qui restitue l’ambiance du pays dogon, sort. C’est un succès. La preuve le titre «Yu wara» fera l’objet d’une réalisation vidéo par l’équipe du studio Anthres Multimeios de San Paulo au Brésil. La réputation de Youssouf Karembé s’assoit au Mali lorsqu’on diffuse les titres du Kumo Band sur les ondes des radios locales (Radio Baguiné de Bandiagara). De même, son audience grandit quand on passe son clip dans l’émission «Top Etoile» de la télévision nationale. La notoriété du groupe est confortée par le passage de l’orchestre à l’émission «Ambiance Midi». Youssouf Karembé et sa bande entament une tournée dans le pays dogon. Une équipe de la télévision chinoise le filme en direct pendant un concert dans l’Hôtel où ils jouent. Il participe à une émission de la Radio Suisse Romande enregistrée en direct dans le même hôtel.
Maintenant qu’il a l’onction des siens, il monte à Paris la tête pleine de rêves. Crée un nouvel ensemble avec des musiciens français, senegalais, camerounais et maliens. L’artiste dogon, tourne en Belgique, en Italie dans la capitale française, donne plus d’une centaine de concerts.
Son jeu de guitare est subtile, sa voix est chaude, ses paroles sont un torrent de sagesse et aussi un voyage ethnologique. Ainsi, le «Toguna» (case à palabres et titre de l’album) en pays dogon est un moyen de distiller la sagesse. De fait, dans cette case à palabres au plafond très bas où l’on discute des problèmes du village, il est déconseiller de s’emporter ou de se tenir debout durant les débats de peur de se cogner la tête au plafond. Une belle métaphore de l’écoute et de la communication.
Sa musique est un mélange de tradition et de modernité. Avec des sonorités brutes du tamani aux rythmiques percussives de la calebasse. Youssouf Karembé a un phrasé de guitare envoûtant et une basse intense.
Outre ses prestations scéniques, l’artiste a glané des lauriers ici et là. Finaliste du concours régional ZicMe Up Tour 2009 à Paris, il est sollicité pour la musique du film documentaire «Entre ciel et terre» réalisé par Angel production (Canal+ et National Geographic en France, ), «Afrikanisch Abentaeur» et «Fanta» de Petra Schulz de la chaîne de télévision allemande ZDF.
Assurement, Youssouf karembé est de la lignée des grands musiciens maliens. Cela se vérifie chaque semaine à Paris où il donne des concerts et il se murmurre que sa popularité est à la hauteur de son talent.
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Rédacteur en chef: Firmin Koto Copyright© 2007-2010 100%Culture.