les chroniques de thorf (08-01-2009)
The Meeting Room, c'est pas compliqué, ça vise l’efficacité. D’ailleurs l’accueil du public montre bien que le groupe a trouvé une bonne recette: « ça joue carré, ça joue juste, ça ne part pas dans toutes les directions, lance Alain, n’importe quel groupe amateur débutant aimerait avoir leur trajectoire ».
Turn Around est la seule chanson véritablement enregistrée par les quatre membres de The Meeting Room. Les autres sont, sur myspace en tous cas, à l’état de démos enregistrées par Olivier, guitariste et chanteur et instigateur du groupe. Turn Around, vidéo à l’appui, leur sert de prospectus virtuel sur internet. Beau prospectus. La mélodie est accrocheuse, le ukulélé est bien enrobé par le reste de l’orchestration, notamment une basse discrète et un chant murmuré. Les trois ou quatre pistes de guitares acoustiques offrent à la chanson, avec les chœurs façon Rubber Soul, un grain pop qui n’a rien à envier à du Girls In Hawaii des beaux jours.
A en écouter les riffs de guitares, la démo de Lens pourrait se placer dans la même veine pop que Turn Around. On se trouve néanmoins dans un entre deux musical. Entre une « pop cling » comme l’appelle Alain, et une brit-pop assez proche des Corals, un peu épileptique et en tous cas carrément sautillante.
Après dix mois d’existence seulement et une quinzaine de concerts, le groupe est en ordre de bataille, rangé derrière Olivier, le compositeur. Lui-même est assez intrigué par le côté « mystique » de la création musicale et l’ascension de son groupe. Avant même de fêter leur premier anniversaire ensemble, Christophe, Damien, Hubert et Olivier ont été sélectionnés par l’opération Tour De Chauffe qui accompagne une vingtaine de jeunes formations chaque année dans le Nord. Alain se souvient des débuts du groupe : « J’étais au premier concert, dans un endroit trop petit, mais blindé de monde assistant à la naissance du groupe. En soutien, j’ai filmé, comme je pouvais, entre le mur et le pied de cymbale… Les joies des petites salles… C’était le point de départ scénique, ensuite, on peut mieux apprécier l’évolution du groupe. »
Côté myspace, on reste dans l’efficacité pure et dure. Lily Blows, toute arpège, commence en berceuse avec une voix douce avant de se laisser porter sur une orchestration quasi-reggae. Les chœurs suraigus et le refrain, aux airs d’hymne restent clairement dans le crâne. On The Wrong Side a un petit côté « chanson-bonus-quand-U2-est-venu-dans-le-studio-d-Arcade-Fire-voir-si-tout-allait-bien » : les guitares en fond sont bourrées de delay et attendent tranquillement que l’auditeur balance la cheville.
Dans la création des chansons, Olivier se voit comme le « dictateur démocratique » : il compose mais les autres ont leur mot à dire. Vues les démos qu’il amène, il ne doit pas y avoir grand-chose à jeter. Parmi celles qu’il présenta un jour, il y a In Benefit Of Love : « Parole, musique, enregistrement arrangement, tout en trois heures !!! Ma mère m’a appelé pour me dire qu’un de ses amis d’enfance a décapité sa femme… tiens, ça ferait une belle histoire pour une chanson ! »
Olivier reconnaît des influences qui s’entendent très vite : The Beatles, The Kinks, The Jam, mais insiste tout de même : « j'essaie de créer des chansons qui ne ressemblent pas à ce qui a déjà été fait par un grand groupe avant. »
Jetons une oreille aux deux derniers morceaux présents sur myspace : When A Naughty Boy, d’abord. Attention, réglez les aigus ou attendez vous au flagrant délit de « pop-cling». La guitare à contre-temps répond à la basse, en va et vient entre deux notes. On est dans la pop. D’ailleurs pas loin d’un Iggy Pop période The Passenger, avec des chœurs graves.
The Machine, enfin, fait une petite frayeur par son introduction : elle laisse craindre un mauvais Bryan Adams. Bonne surprise, elle laisse la place à une montée en puissance qui amène dans les sentiers déjà battus par le groupe. Sans les efforts de la basse, pourtant, le couplet serait un peu fade : « trop de joie, lance Alain, The Meeting Room ne révolutionne pas le genre, mais je ne pense pas que ça soit le but du groupe non plus... ».
On reste quand même sur une bonne impression : le groupe réussit à séduire sur scène avec des compositions solides et des ambitions saines : « faire de mon groupe un groupe dont on se rappellera encore dans trente ans (au moins dans la région !), écrire de meilleures chansons (toujours, c'est le but!) et enregistrer un album (mon rêve) » conclut Olivier.
Un rêve tout prêt de se réaliser, selon nos informations… ».
Avec le plaisir de votre passage et votre soutien
Succes pour vos projets.
Cldt
JP