Depuis tout jeune, Guerrier a été bercé par la musique et la scène, et c’est tout naturellement qu’il forme son premier groupe, « Le Verdict » en 1994. Véritable passionné, il adopte très rapidement une attitude professionnelle avec son acolyte Rap2, s’imposant à tous comme une bête de scène.
Les deux membres du groupe se forgent une solide notoriété grâce à leurs prestations scéniques percutantes et à leurs textes conscients, qui leur permettent d’acquérir chaque jour, un public de plus en plus large. Durant 5 longues années, ils écument toutes les scènes de la région PACA ainsi qu’une partie du Languedoc-Roussillon.
Le succès grandissant, le groupe décide en 1999 de préparer son album. Mais, par les suites d’un coup du sort, l’album ne sortira pas… C’est à cette même époque que Guerrier sera incarcéré. C’est une lourde peine : 14 ans…
Beaucoup se seraient découragés mais l’esprit du combat ne meurt pas. Comme il le dira plus tard : « Même à genoux, on se battra… » Et durant ces longues années Guerrier se bat, s’acharne même à poursuivre sa passion derrière les barreaux. Sa persévérance et sa détermination lui permettront de participer à différents concerts en prison et au terme de sa rage de sortir son premier album intitulé :
« Les murs raisonnent », une sorte d'autobiographie relatant son vécu et son expérience hors du commun mais qui reste encore à ce jour le seul disque français à avoir été conçu à l’ombre des murs d’une prison.
Du fond de sa cellule, Guerrier découvre aussi le slam et avec celui-ci, il apprend à affiner son écriture. Et, plus il devient précis dans ses mots, plus ces mots touchent un public large. Travaillant ces deux disciplines (rap et slam) avec la même intégrité, Guerrier défend des valeurs longtemps mises à l’écart.
« L’écriture est universelle et belle », elle peut résonner dans les formes les plus inattendues, elle n’a pas les frontières qu’on veut lui donner, elle s’exprime de n’importe quelle manière…
Guerrier considère aujourd’hui que la possibilité de prendre le micro est une chance. C’est grâce à toutes ces personnes qui ont donné leurs vies dans ce combat pour la liberté d’expression.
C’est pour toutes ces raisons qu’il ne veut jamais gâcher sa chance en écrivant ou en disant n’importe quoi.
Loin du mythe du Bad boy malgré son parcours jonché d’embûches, il casse le stéréotype du rappeur bercé d’ego trip et de bling-bling, pour revenir à la base du mouvement Hip-hop ; Rap : Respect. Amour. Paix.
Passé aujourd’hui de l’ombre à la lumière, le Guerrier fonde avec d’autres rappeurs et slameurs la «CHOUM FAMILY», groupe qui a excellé lors des rencontres nationales de slam en 2008 et qui a joué dans plusieurs salles prestigieuses dont le Zénith de Toulouse devant plus de 7000 personnes.
Guerrier C’est un moral d’acier, une persévérance dans l‘existence, des textes qui refusent toute compromission, une authenticité sans failles et par-dessus tout, des paroles entières et profondes… A bons entendeurs : «Aucun faux semblants, que de la pure réalité».