Bonjour Fred, raconte nous ton histoire, ton arrivée dans l'Yonne :
« Ma mère m'a offert une première guitare qui ressemblait plus à un jouet à 6 ans. Nous habitions alors en Corse. L'année suivante, nous avons déménagé pour Nice.
A 9 ans, elle m'offre cette fois une vraie guitare, que j'utilise toujours d'ailleurs. A l'époque, elle était un peu trop grande et mes premiers cours pour apprendre à partir du solfège ne furent pas concluants.
A 14 ans, pendant une campagne de fouille archéologique dans le Larzac avec le CNRS, Xavier, un breton avec lequel j'avais sympathisé, m'avait proposé d'amener ma guitare l'année suivante pour faire un duo. Ne voulant pas le décevoir, j'ai décidé d'apprendre l'instrument dés mon retour à Nice et j'ai progressé en autodidacte pendant 10ans.
Après la scolarité, j'ai fait des petits boulots : vente, restauration et intérim. J'ai aussi été marionnettiste durant 2 ans et c'est au cours de cette période que j'ai composé mes premières chansons, à 21 ans.
Je suis parti dans l'arrière pays niçois à 25 ans et ai continué les petits boulots.
Ensuite j'ai suivi une formation en agriculture (spécialisation élevage équin) dans les Alpes de Haute-Provence, puis je suis parti en Ariège pour trouver du travail dans le milieu équestre. Je faisais de la musique avec quelques amis dont un hippie qui composait des mélodies, mais nous n'arrivions pas à structurer les morceaux, fautes de connaissances.
J'ai eu un déclic et j'ai fait des études de musique dans une école de jazz à L' IMFP (institut musical de formation professionnelle) à Salon de Provence pendant 2 ans.
Après avoir joué dans les rues d'un petit village sur la Côte d' Azur pendant 2 mois avec un ami saxophoniste, j'ai connu quelques problèmes de santé et j'ai dû, à ce moment, interrompre mon parcours musical et quitter la région.
Lorsque je suis arrivé dans l'Yonne à 30 ans, je ne voulais plus faire de musique, j'ai suivi une 2ème formation en agriculture (élevage caprin) et vers la fin de l'année scolaire, en avril je crois, j'ai intégré un groupe de percussion brésilienne de rue, parallèlement j'ai pris des cours de percussions africaines et fait partie de plusieurs groupes régionaux.
Après la formation, l'envie de reprendre la guitare et de composer est revenue.
En 2004, ma rencontre avec ma compagne va me donner l'énergie nécessaire pour tout mettre en œuvre pour arriver à vivre de ma musique. Depuis, j'ai enfin pris conscience que la réussite est le fruit d'un travail acharné et passionné.
L'affectif est très important dans ma vie, les échanges me font beaucoup avancer, notamment ceux avec mon public, lors de mes concerts. A travers mes musiques et mes textes, je l'invite à partager mon amour de la vie, des voyages et mon univers poétique. Les retours d'après concert mais aussi les mails que je reçois confirment la richesse de ces échanges et me donnent la force de continuer. La musique est pour moi une mise à nu permanente et pour ne pas prendre froid trop souvent, je pense qu'il faut être obstiné tout en apprenant à être patient. »
Quelles sont tes influences :
Il y en a trop pour pouvoir toutes les citer, en voici quelques unes:
De mon frère ainé: America, les Beatles, les Who, Mike Oldfield, , Kansas...
Musique pop et progressive: Genesis, Pink Floyd, Jethro Trull, Marillion...
Percus : Mamadi Keita, Adama Dramé, Poncho Sanchez, ...
Musique africaine et malgache: Boubacar Traore, D'Gary, Justin Vali Trio...
Musique brésilienne : Tito Puente, Olodum, ...
Chanson française : Lavilliers, Renaud, Tri Yann, Malicorne, Fugain, Higelin, Téléphone, Sanson, Harmonium (québécois), Beau Dommage (québécois)
J'écoute aussi du jazz rock (Al Di Méola, Pat Metheny, Weather Report...) et de la musique indienne (Zakir Hussain...)
Actuellement :
J'ai fait de nombreux passages en radios locales et je donne des concerts réguliers dans l'Yonne.
Aujourd'hui, je suis soutenu par France Bleu Auxerre,
J'ai sorti 1 cd 4 titres pressé à 1000 exemplaires, je suis entrain d'en faire la promo en France en Europe et dans les pays francophones (Québec, Canada,...).
Ce cd est un petit échantillonnage des genres musicaux que j'utilise pour composer mes chansons: il y a un rock latin, une morceau celtique, une ballade jazzy et un titre afro. Par ailleurs, mes textes s'articulent sur des rythmes variés tels que le reggae, le blues, l'oriental, la samba, la bossa, le flamenco, etc.
La palette des sujets sur lesquels j'écris est aussi assez large. Il y a le vécu et ses diverses expériences sentimentales ou autres, la guerre, les enfants, mais aussi des histoires imaginaires qui ressemblent à de petits contes. Plus généralement, ma foi en la vie me pousse à toujours laisser une note d'espoir à la fin de mes textes même si celui-ci raconte un drame.
De nos jours, pour se lancer, il ne suffit plus de composer et jouer ses chansons, il faut savoir se débrouiller dans plusieurs domaines en amont de l'activité musicale. J'apprends donc à « nager dans toutes les eaux : compositeur, interprète, impresario, administration, publicité, internet... ». Pour l'instant je continue à faire de l'intérim mais en gardant toujours à l'esprit mon principal objectif car je vais bosser à l'usine comme un ouvrier mais c'est la musique qui parle.
Parles nous de ton projet musical :
« Je souhaiterais m'orienter de plus en plus vers la World Music, comme en témoigne ma dernière chanson sur Madagascar, dont mon père est originaire »
De plus, un clip doit être réalisé dans l'année 2009 sur la chanson « Makru ».
J'aimerais aussi réunir les fonds nécessaires pour sortir un album complet.
Et pour le reste, jouer ...jouer... jouer..devant un public de plus en plus nombreux, partout ou on me donnera la chance de pouvoir faire mes chansons.
Interview réalisé par Christophe Toutain en novembre 2008