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Presse



HARMONIE Magazine n° 54 44 (12 Avril 2005)
"C’est en contactant par mail, l’auteur compositeur lui-même que j’ai pu gouter aux délices de cette jolie petite galette réalisée à compte d’auteur avec toute une passion sous-jacente que l’on ressent à chaque minute de son écoute.

Sébastien Froidevaux n’est autre que le guitariste d’un excellent groupe, Galaad qui donna deux albums de feu au public progressif, Premier Février en 1992 et Vae Victis en 1995 avant de s’éteindre malgré le potentiel évident que recelait cette formation suisse ô combien attachante avec son chanteur écorché vif et la vitalité des thèmes développés, alors peu répandus par leur audace dans un underground progressif replié sur ses anciennes valeurs !

Notre guitariste semble d’ailleurs entretenir une nostalgie tout à fait compréhensible envers ce qui a dû être pour lui, comme pour ses compagnons de route, une épopée assez exaltante. Le travail ici effectué, peut être comparé à celui d’un orfèvre, artisan qui façonne son album solo avec passion et précision. De la pochette, magnifique par ses allures de Journal Illustré du XIXe siècle au lettrage
gracieux à la musique, bien entendu, principale source d’émerveillement.

S. Froidevaux tire de sa guitare des mélodies que n’auraient pas renié un Steve Hackett ou encore un Nick Barrett, voire un Andy Latimer, tous trois maîtres des arpèges stratosphériques et du touché
de cordes en apesanteur !! L’audace évoquée dans l’oeuvre de Galaad n’est pas de mise mais c’est au contraire, un superbe album instrumental où toute la fougue conjuguée à la mélancolie de l’artiste, résonne comme une ode au symphonisme de chambre si chère à ce merveilleux âge d’or du progressif, ces délicieuses et surannées années 70. Particulièrement émouvant, « La mort de Galaad » clôture ce joli petit disque dans la mélancolie d’une époque révolue.

Sébastien Froidevaux a réalisé cet album à partir de maquettes esquissées entre 1997 et 1999 et finalisées chez lui en mars 2004 comme les notes de pochette m’autorisent à le dire et le guitariste suisse a tenu tous les instruments, ce qui rend son travail encore plus épatant, tant sur la forme que sur le fond. Vous vous régalerez en commandant cet album sur le site www.sebastienfroidevaux.ch car c’est là seulement qu’il est disponible pour l’instant de même que Vae Victis, le dernier album de Galaad.

Une attendrissante et poignante découverte, un coup de coeur que je vous invite à partager incessamment…

Bruno Versmisse

HARMONIE Magazine n° 54 44 "
Progressia.net (26 Mars 2007)
"Oui, Sébastien Froidevaux était bien le guitariste de ce surprenant groupe que fut Galaad (qui implosa en 1996 après un chant du cygne magistral : Vae Victis). Et oui, Sébastien Froidevaux est un excellent guitariste au style racé, reconnaissable entre mille même si la « bande des trois Steve » (Hackett, Howe et Rothery) l’a fortement influencé. Mais non il ne s’agira pas, dans cette chronique, ni de pleurer Galaad, ni de se demander ce que « cela aurait donné si… » . Voyages extraordinaires est un album autonome et abouti. On n’a pas affaire ici à un disque créé par une partie d’un groupe mais bel et bien au deuxième album solo d’un artiste complet pratiquant une musique essentiellement instrumentale pleine de grâce dans la veine de Mike Oldfield, Steve Howe (justement) ou même Joe Satriani et autres Steve Vai. Cependant il serait bon de relever que, même si l’œuvre de Sébastien est dénuée de chant, l’esthétique générale de Voyages extraordinaires a plus à voir avec les climats tissés par des groupes comme Marillion ou Pendragon qu’avec l’univers aride de prouesses techniques des gratteux américains sus-nommés. Ici, foin de démonstrations stériles. Place au voyage…

Et quel voyage ! En effet, après un premier essai en solo autoproduit en 2002 (Six valses désuètes et poussiéreuses) dans un registre fort différent de celui développé dans l’objet de cette chronique (puisqu’il s’agissait de musique de chambre !), Sébastien Froidevaux se lance dans un projet purement progressif du meilleur cru. Ces Voyages extraordinaires sont formés d’une collection de neuf titres aux intitulés pour le moins énigmatiques ! Chaque morceau est unique et autosuffisant même si le concept général de l’ensemble reste le voyage musical, la traversée esthétique, l’émotion par le son. En de nombreuses occasions, des moments de pure magie envoûtent l’auditeur. Certains passages, c’est bien simple, donnent la chair de poule (« Quelques notes de réconfort »). D’autres filent carrément le grand frisson (« La mort de Galaad »). De la musique instrumentale de haute qualité bien qu’autoproduite. Le son est satisfaisant même si on l’on se situe évidemment à mille lieues de la luxuriance sonore d’un Amarok (Mike Oldfield).

Oh, et puis soyons honnêtes ! Les amoureux inconsolables de Galaad vont retrouver quelques uns des charmes de leur défunte amante : envolées de guitare tout simplement touchées par la grâce, mélodies recherchées mais entêtantes, ambiances captivantes. Il ne manquerait que la voix de… Non ! Je m’étais juré de ne pas comparer ce très bon disque au passé lumineux du mendiant disparu. Saluons donc le travail de Sébastien Froidevaux pour ce qu’il est et non pour ce qu’il représente. Et le futur n’a probablement rien à envier au passé. Pour preuve, le prochain album de Sébastien, Au Musée des monstres et merveilles est prévu pour cette année.

Quelques informations pratiques avant de laisser l’auditeur acquérir le disque présenté. Le site de Sébastien Froidevaux est très complet et contient une foule d’informations intéressantes sur lui-même ainsi que sur Galaad. En plus de tout ce qu’il est courant de dénicher sur les autres sites d’artistes, Sébastien a eu une idée qui ravira tous les amoureux de guitare (dont votre serviteur fait partie) : régulièrement, il dépose en ligne des courts métrages didactiques dans lesquels il explique par le menu et avec la plus grande volonté pédagogique (il n’est pas éducateur pour rien !) comment sont construits certains soli de guitare mythiques comme celui de Firth of Fifth de Genesis, Starship Troopers de Yes ou encore Incubus de Marillion. Il est à signaler encore que Sébastien Froidevaux est un « ;musicien du dimanche ;» comme il se définit lui-même, c’est à dire qu’il n’est pas professionnel et ne vit pas de sa musique. Ainsi, le seul moyen de vous procurer l’un quelconque de ses disques est de le contacter via son site ou par courrier traditionnel.

Christophe Gigon
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